O Breizh ma bro

Kasia Wandycz / Paris Match

490 ans que la Bretagne est française ! Mais jusqu’à quand ?

Enfin les vacances. Retour en Bretagne . Juste le 7 août, jour maudit puisqu’en 1532, il y a 490 ans, le Parlement de Vannes votait l’union du duché avec la France. Merci, la duchesse Anne ! Elle aurait mieux fait d’être à notre tête plutôt qu’à notre chevet. D’ailleurs, elle le fut si peu. En vingt-cinq ans de règne, jusqu’à sa mort, en 1514, la fameuse souveraine en sabots n’aura passé que six mois dans son pays natal. Trop rural pour elle ! On l’a oublié, mais ce fut la reine de France la plus dépensière. Sa garde-robe occupait des salles ; elle entretenait le plus bel équipage de vénerie de l’époque ; sa passion des bijoux ne l’abandonna jamais, elle amassait les vaisselles d’or et d’argent.

Inapte aux grands desseins, elle scintillait dans les petits caprices. Et le duché a disparu. Alors qu’à l’époque on le surnommait le « Pérou du royaume ». La terre était fertile et l’eau abondante, on exportait le seigle et le froment, les famines n’existaient pas, le lin et le chanvre souriaient aux anges. Les galions espagnols et les goélettes anglaises tendaient de la « bretonne ». Le textile était l’or blanc du duché. En déclarant la guerre à tous nos clients, la France nous a ruinés. Pendant des siècles, il ne nous est plus resté qu’à rouiller au bord de l’Océan quand nos matelots, traités comme des esclaves, servaient la grandeur de la Royale.

OK, à l’époque, la France fascinait. Marignan, Chambord , les châteaux de la Loire, Léonard au Clos Lucé… Tous les arts prospéraient à l’ombre du premier d’entre eux : l’art de vivre. Quand elle s’est réveillée de son mauvais rêve, la Bretagne s’est crue au paradis. Un air léger, des façons brillantes, un sens des proportions, un don pour l’insolence et le raccourci… Son nouveau(...)


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