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"Il n'y a pas d'amélioration" : le cri d'alarme d'une veuve d'agriculteur, 6 ans après le suicide de son mari

Sur BFMTV, la céréalière Camille Beaurain appelle à la poursuite des actions organisés par les agriculteurs depuis plusieurs semaines. Elle rappelle que la crise frappe le secteur depuis des années.

Routes bloquées, appels médiatiques... Les agriculteurs français ne désarment pas pour obtenir des "mesures concrètes" du gouvernement de Gabriel Attal. "Ça fait des années qu'on attend des réponses et des actions concrètes de la part du gouvernement quelqu'il soit", dénonce ce lundi 22 janvier au micro de BFMTV Camille Beaurain, céréalière dans la Somme.

Si elle dit n'avoir "plus trop d'espoir", celle qui est devenue veuve à 24 ans après le suicide de son époux agriculteur espère "sincèrement que ça changera".

"Je comprends la colère qui s'exprime depuis quelques jours (...) Je pense qu'il faut maintenir jusqu'à que des réponses concrètes soient apportées", lance-t-elle.

"On veut vivre de notre métier"

"En tant que veuve d'agriculteur, il faut que le monde paysan arrête de se suicider parce qu'ils n'arrivent pas à vivre de leur travail", explique Camille Beaurain, autrice du livre Tu m'as laissée en vie, qui raconte le drame qu'elle a vécu. C'est la "charge mentale au niveau administratif qui les tue petit à petit", raconte Camille Beaurain. "Toujours donner plus mais encaisser le moins possible fait que le 27 octobre 2017 [que son compagnon] s'est donné la mort dans l'un de nos bâtiments".

Depuis ce drame, "j'ai l'impression que c'est pire. [Des suicides] ont encore lieu tous les jours et c'est inadmissible!" juge-t-elle.

"Il n'y a pas d'amélioration. On en a marre des perfusions d'aide, on veut vivre de notre métier", résume la céréalière, estimant qu'il y a "plein de points à voir pour venir en aide aux agriculteurs et arrêter ces suicides, ces manquements".

"Aujourd'hui, la priorité, ce sont les prix"

Depuis quelques semaines, les manifestations d'agriculteurs se multiplient en France. La semaine dernière, c'est vers le cœur de Toulouse que des centaines de tracteurs et camions ont convergé, gênant la circulation et déversant paille et crottin devant certaines institutions. Une mobilisation relancée avec le blocage, toujours en cours, de l'A64 par des agriculteurs occitans au niveau de Carbonne, entre la Ville rose et Tarbes.

Les motifs de la colère des exploitants sont divers et témoignent d'un profond sentiment d'abandon au sein de la profession. Mais selon Camille Beaurain, c'est la hausse nette hausse des coûts de production des agriculteurs qui a déclenché la crise actuelle.

"Aujourd'hui, la priorité, ce sont les prix", pointe surtout sur BFMTV Camille Beaurain. "On ne peut pas continuer comme ça. Nous, on est le seul métier à ne pas décider des prix auxquels nous sommes rémunérés. C'est un scandale absolu", dénonce-t-elle.

"Où est la loi Egalim?" demande la céréalière, qui plaide pour "juste rémunération".

Article original publié sur BFMTV.com

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