La Nupes veut une commission d'enquête pour mettre "sous surveillance les groupuscules d'extrême droite"

La Nupes à l'Assemblée nationale le 24 octobre 2022 - Julien de Rosa/AFP
La Nupes à l'Assemblée nationale le 24 octobre 2022 - Julien de Rosa/AFP

Une proposition de résolution, portée par le député Insoumis Thomas Portes et co-signée par une centaine de collègues de la Nupes, pointe l'apparition de multiples groupuscules "identitaires et néonazis" dans le pays.

"Notre responsabilité aujourd'hui, c'est de les mettre sous surveillance, de regarder qui ils sont, de les identifier pour éviter d'arriver à des drames", en raison de la violence de ces groupes, a dit M. Portes devant la presse au Palais Bourbon.

"Racisme et violences exacerbés"

Il faut retracer "leurs réseaux de financements", a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que ces "groupuscules ont des liens avec les partis, aussi bien le RN que Reconquête".

Leur développement "s'inscrit dans un contexte de racisme et de violence exacerbée dans la société", a-t-il dit, citant notamment les dégradations qui visent des lieux de culte musulmans.

Le député de Seine-Saint-Denis a jugé que le gouvernement portait "une responsabilité" dans la situation, citant en particulier le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui reprend selon lui "les éléments de langage du RN" sur l'immigration. À l'Assemblée, LFI a créé en interne un "groupe de travail" pour suivre l'activité parlementaire et les prises de position du groupe de Marine Le Pen, a encore indiqué Thomas Portes.

Une commission d'enquête très hypothétique

Les députés LFI n'envisagent pas à ce stade d'utiliser leur "droit de tirage" pour cette commission d'enquête (possibilité pour chaque groupe de créer une commission d'enquête par an), ce qui rend son instauration hypothétique.
Plusieurs projets d'actions violentes de petits groupes d'ultradroite, visant notamment des personnalités politiques, ont été déjoués ces dernières années. Des membres présumés des "Barjols", groupe proche des identitaires, ont été mis en examen entre 2018 et 2022, soupçonnés d'avoir envisagé une attaque contre Emmanuel Macron en 2018. Des membres du groupe "Honneur et Action" ont été mis en examen en 2021 et 2022 pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". En octobre, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné des membres de Génération identitaire à des peines allant jusqu'à un an de prison ferme, pour une violente opération commando au siège marseillais de SOS Méditerranée, une ONG de secours aux migrants, en 2018.

Article original publié sur BFMTV.com