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Les Nord-Irlandais en ont “ras le bol” du “bazar” et protestent avec une grève historique

“La plus grande grève de l’histoire récente a commencé”, annonce The Irish News. En Irlande du Nord, quelque 200 000 agents du service public sont appelés par une quinzaine de syndicats à “poser les outils” pendant vingt-quatre heures, jeudi 18 janvier. De Derry à Enniskillen, en passant par Omagh, leurs revendications portent sur des questions salariales : déjà inférieurs à ceux des fonctionnaires anglais, écossais et gallois, leurs revenus souffrent de la forte inflation enregistrée depuis deux ans outre-Manche.

“Habituellement, on rétorque aux grévistes qu’il n’y a plus d’argent dans la caisse, mais ce n’est même pas le cas”, grince le quotidien Belfast Telegraph, dans la capitale nord-irlandaise. Le gouvernement britannique a proposé de débloquer plusieurs centaines de millions de livres à destination des services publics locaux. Mais seulement en cas de retour aux affaires de l’assemblée décentralisée, située sur la colline de Stormont, à Belfast.

Carte montrant l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni ainsi que sa nouvelle frontière douanière..
Carte montrant l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni ainsi que sa nouvelle frontière douanière..

Or cet organe, doté de compétences en matière de santé, d’éducation, d’agriculture et de logement – entre autres – ne se réunit plus depuis bientôt deux ans. En cause : l’accord sur le Brexit. La principale formation politique unioniste, le Democratic Unionist Party (DUP), refuse d’y siéger en signe de protestation contre le volet nord-irlandais du texte, mis à jour l’an dernier et qui crée une frontière douanière pour certaines marchandises expédiées de la Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord.

Les travailleurs pris en tenaille

La victoire des nationalistes du Sinn Féin (proréunification) aux législatives locales de mai 2022 passe mal, aussi, aux yeux de ces partisans du maintien de la région dans le Royaume-Uni : pour la première fois, lorsque l’assemblée fonctionnera à nouveau, le poste de Premier ministre local devra revenir à un parti favorable à la sécession.

“Les travailleurs sont pris au piège entre l’emprise du DUP et l’indifférence du gouvernement central”, s’agace The Irish News, de tendance nationaliste. “D’une certaine manière, les syndicats reflètent le ras-le-bol d’une bonne partie de la population”, renchérit Belfast Telegraph, pourtant proche des unionistes.

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