Publicité

Noël Le Graët ou la fin de règne ratée d’un géant du foot français

Noël Le Graët, ici avant un match de l’équipe de France à l’Euro 2020, est président de la FFF depuis 2011.
FRANCK FIFE / AFP Noël Le Graët, ici avant un match de l’équipe de France à l’Euro 2020, est président de la FFF depuis 2011.

FOOTBALL - Ces cinquante dernières semaines viennent gâcher 50 ans d’un engagement immense au service du football français. Personnage incontournable de ce milieu aux résultats sportifs et économiques majeurs, Noël Le Graët a créé une nouvelle polémique – celle de trop ? – l’obligeant à publier un communiqué officiel d’excuses ce lundi 9 janvier. Il est adressé en premier lieu à Zinédine Zidane qui avait été visé la veille par des propos déplacés du président de la Fédération française.

Invité de RMC ce dimanche, le dirigeant en poste depuis 2011 avait dit n’avoir « rien à secouer » de l’avenir de la légende bleue, champion du monde 1998 et entraîneur à succès du Real Madrid qui aimerait un jour entraîner l’équipe de France. « Je ne l’aurais même pas pris au téléphone », avait ajouté « Le Menhir » quand on lui demandait s’il avait échangé au téléphone avec Zizou.

Noël Le Graët s’est mis à dos Kylian Mbappé

Ce nouveau dérapage, dans une interview décousue au cours de laquelle l’octogénaire a tenu des propos confus, a été très rapidement condamné largement. On ne compte plus les figures du sport français qui exhortent publiquement l’ancien maire et président du club de Guingamp (Côtes-d’Armor) de passer la main avant la fin de son quatrième mandat. Kylian Mbappé, avec qui les relations sont fraîches depuis plusieurs mois, ne l’a jamais formulé à voix haute mais le tacle qu’il a adressé à son président dimanche soir en dit aussi long sur son envie de changement.

Dans un tweet, la ministre des Sports avait réclamé des excuses et estimé qu’un « président ne devrait pas dire ça ». Amélie Oudéa-Castéra évoque aussi des « déclarations à nouveau hors-sol ». Et c’est bien là, le principal problème de Noël Le Graët. Ce n’est pas sa première prise de parole polémique et la pression va être immense pour les deux dernières années de son mandat.

Noël Le Graët, un président en décalage avec l’époque

Il doit, par exemple, être à nouveau interrogé dans les prochaines heures dans le cadre de l’audit réclamé par la ministre des Sports pour éclaircir le management au sein de l’instance, et plus particulièrement en matière de violences sexistes et sexuelles. Plusieurs médias, notamment So Foot, ont publié en 2022 des enquêtes dénonçant la gestion du président de la FFF. S’il a toujours nié les accusations essentiellement basées sur des témoignages anonymes, elles font état d’envois supposés de SMS à caractère sexuel à des employées, et d’accusations par d’ex-salariées de « harcèlement » et de comportements « inappropriés ».

Ce sentiment de décalage avec son époque, Noël Le Graët l’avait aussi alimenté en parlant de l’équipe de France féminine ou avant la Coupe du monde au Qatar. Alors que plusieurs de ses homologues européens poussaient pour une action concertée au sujet de la défense des droits humains, le Breton s’était opposé au port du brassard « One Love » par le capitaine de l’équipe de France Hugo Lloris. Cette sortie avait contribué à crisper ses relations avec Emmanuel Macron, souligne L’Équipe ce lundi.

Habitué des premiers cercles du pouvoir, le président de la FFF a vu ses liens se distendre peu à peu avec les responsables politiques. Si ces derniers n’ont pas les prérogatives pour le destituer, ils ont tout loisir d’appuyer pour renvoyer l’image d’un dirigeant à la fin de règne crépusculaire.

À voir également sur Le HuffPost :

Lire aussi