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Nicolas Bedos jugé pour « agression sexuelle en état d’ivresse » : ce qui lui est reproché

Nicolas Bedos quitte le tribunal judiciaire de Paris aux côtés de sa compagne, Pauline Desmonts, après le renvoi de son procès.
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP Nicolas Bedos quitte le tribunal judiciaire de Paris aux côtés de sa compagne, Pauline Desmonts, après le renvoi de son procès.

JUSTICE - C’était le premier rendez-vous de Nicolas Bedos avec la justice. L’acteur et réalisateur était convoqué par le tribunal correctionnel de Paris ce jeudi 8 février, à 9 heures, pour « agression sexuelle en état d’ivresse ». Une affaire qui avait ouvert la porte à d’autres témoignages contre le cinéaste au cours de l’été 2023.

Le procès a cependant été renvoyé au 26 septembre, date à laquelle était déjà prévu un deuxième procès contre le réalisateur, pour permettre au tribunal d’examiner en même temps les autres accusations à son encontre. Le renvoi, demandé par le parquet, a été décidé pour une « bonne administration de la justice », a souligné la présidente du tribunal.

C’est une femme de 25 ans qui a témoigné contre le réalisateur de La Belle époque, dans l’affaire qui devait être jugée ce jeudi. Dans sa plainte, consultée par l’AFP, la jeune femme raconte qu’elle buvait un verre attablée dans un club parisien, dans la nuit du 1er au 2 juin 2023, lorsqu’elle a croisé la route du comédien. Il aurait « tendu sa main (...) au niveau de sa culotte », « sans s’exprimer ». La plaignante l’aurait alors « repoussé » puis lui aurait dit, en le reconnaissant, « va te faire soigner ! ».

Un vigile aurait ensuite conduit Nicolas Bedos à l’extérieur. Placé en garde à vue, le réalisateur de 44 ans aurait expliqué que « si ce geste a existé », il ne pouvait « être qu’accidentel », tout en assurant « ne pas remettre en cause la parole de la plaignante ».

Un problème « avec l’alcool dans un milieu festif »

« Ce qu’elle dit, c’est qu’il a posé sa main sur son jean au niveau de son bas-ventre », a expliqué l’avocate de Nicolas Bedos sur le plateau de C à vous le 21 décembre. Mais « personne n’a vu ce geste » car il y a eu, selon des témoins, « une bousculade » au moment des faits, « à trois heures du matin », a relaté Me Julia Minkowski. Le réalisateur, lui, « a un souvenir très flou » car « il était ivre ».

« Ce qu’il a expliqué, c’est que c’est que ce geste ne lui ressemble pas. En revanche, il a été très transparent sur ses excès, le problème qu’il peut avoir avec l’alcool dans un milieu festif, il a manifestement un sens de la fête excessif, il le reconnaît », a-t-elle poursuivi.

C’est aussi ce qu’a souligné, pour le défendre, la compagne du cinéaste, interrogée dans l’émission Quelle époque ! le 20 janvier. « Oui il peut être odieux, excessif, provoc’, mais ce n’est pas un agresseur sexuel (...) On parle d’un problème d’excès de fête, d’alcool, dans un cadre festif », a insisté Pauline Desmonts, réalisatrice d’un documentaire sur les coulisses du tournage de la dernière série de Nicolas Bedos, Alphonse (sortie en toute discrétion sur Amazon Prime en octobre). Cette affaire a selon elle « accéléré cette prise de conscience (chez lui) et c’est un problème qu’il est en train de soigner », a-t-elle assuré.

Un autre procès à venir en septembre

Cette affaire sera donc jugée le 26 septembre, lors du deuxième rendez-vous judiciaire qui attend celui qui est également dramaturge et chroniqueur. Dans cet autre dossier, il est poursuivi pour agression sexuelle « par personne en état d’ivresse manifeste » sur une autre femme, et pour harcèlement sexuel envers une autre femme.

La première, Emma G., a dénoncé un baiser dans le cou non consenti et le fait qu’il l’ait attrapée de force par la taille lors d’une soirée dans un club dans la nuit du 11 au 12 mai 2023, selon les informations d’une source proche du dossier relayées par l’AFP. La seconde femme, Clémence A., « décrit, lors d’une seule et même soirée en juin 2018 chez un ami commun, un comportement insistant et offensant pour lequel Nicolas Bedos s’était excusé à l’époque », a indiqué Me Minkowski à l’AFP.

D’après cette dernière, ces faits « n’ont donné lieu à aucune plainte » mais à des signalements à la justice. Même sans plainte, le ministère public a la possibilité d’ordonner des poursuites s’il l’estime justifié, et les victimes présumées peuvent se constituer parties civiles au procès.

Deux autres femmes avaient été entendues par les enquêteurs du premier district de la police judiciaire de Paris dans le cadre d’une enquête ouverte pour viol et agressions sexuelles. Mais les faits qu’elles dénonçaient ont fait l’objet d’un classement sans suite « en raison de la prescription », selon Me Minkowski.

Des témoignages sur un comportement « problématique »

Ces deux femmes avaient témoigné dans une enquête publiée en juillet 2023 par Mediapart. Elles y expliquaient avoir chacune adressé un courrier à la procureure de la République de Paris pour livrer leur récit, après avoir appris que Nicolas Bedos était visé par une plainte – celle concernant les faits présumés jugés ce jeudi. L’une d’elles a ainsi écrit qu’elle se devait « de parler aujourd’hui car [elle] sai[t] que d’autres femmes sont victimes de sa violence et de l’objectivation qu’il fait des femmes, se croyant avec elles tout permis », cite Mediapart. « Pour moi, [l’alcool] relève plus du modus operandi que de “l’excuse” », ajoutait-elle.

Le journal en ligne a recueilli d’autres témoignages décrivant un comportement « problématique avec les femmes » et un sentiment d’« impunité » de l’acteur. Comme Julie, qui dit avoir croisé Nicolas Bedos plusieurs fois en soirée et décrit des faits « insistants » même s’ils « ne sont pas aussi graves qu’une agression sexuelle ». « Je me suis toujours dit qu’il y aurait des choses sur lui, quand j’ai vu l’article (concernant la plainte, ndlr), je me suis dit “enfin !” », raconte-t-elle.

Contactée par Le HuffPost, l’avocate de Nicolas Bedos n’a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire.

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