Nice: appel du diocèse à "l'esprit de pardon" et au dialogue interreligieux

S. V.
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Basilique Notre-Dame de l'Assomption de Nice, le 29 octobre 2020 après une attaque au couteau - VALERY HACHE / AFP
Basilique Notre-Dame de l'Assomption de Nice, le 29 octobre 2020 après une attaque au couteau - VALERY HACHE / AFP

L'évêque de Nice Mgr André Marceau a appelé dans un communiqué jeudi à faire prévaloir "l'esprit de pardon" après l'attaque au couteau jeudi contre une basilique en plein coeur de la ville qui a fait trois morts, dont un sacristain.

"Quelques semaines seulement après le passage dévastateur de la tempête Alex, mon émoi ne peut être que fort après ce nouveau drame qui endeuille notre diocèse", a réagi l'évêque.

"Ma tristesse est infinie en tant qu'humain devant ce que d'autres êtres, dits humains, peuvent commettre", a-t-il ajouté, tout en appelant à ce "que l'esprit de pardon du Christ prévale face à ces actes barbares". "Toutes mes prières rejoignent les victimes, leurs proches, les forces de l'ordre en première ligne de cette tragédie, prêtres et fidèles meurtris dans leur foi et leur espérance", a poursuivi le responsable catholique.

"Réagir de la manière la plus adaptée"

À trois jours de la Toussaint, toutes les églises de Nice sont fermées "jusqu'à nouvel ordre" et sous protection policière, a-t-il précisé.

Aucun office n'était célébré au moment de l'attaque mais la basilique Notre-Dame de l'Assomption, située sur une artère très passante, commerçante et touristique de Nice, ouvre généralement vers 8h00. "A toute heure, des personnes entrent et prient", a rappelé à l'AFP le chanoine Philippe Asso, qui n'était pas sur les lieux au moment de l'attaque.

Délégué diocésain au dialogue interreligieux, le père Asso a immédiatement reçu des appels de la communauté juive et des deux responsables de la mosquée des musulmans du centre-ville, l'imam d'origine tchétchène Ramzam Magamadov et Abdelkader Sadouni.

"Le risque, c'est la mise en cause du fondement du dialogue interreligieux et il s'agira de réagir de la manière la plus adaptée pour le faire avancer encore davantage", a insisté le père Asso auprès de l'AFP.

"Croyons encore à la fraternité"

"Croyons encore à la fraternité", a lui aussi prêché le recteur du sanctuaire de Lourdes Olivier Ribadeau Dumas, dans une réaction sur Twitter, tout en appelant à ce "que cela cesse et qu'une condamnation unanime s'élève avec force".

"Trop c'est trop et il est temps maintenant que la France s'exonère des lois de la paix pour anéantir définitivement l'islamo-fascisme de notre territoire", avait auparavant jugé le maire LR de Nice Christian Estrosi, peu après l'attaque.

L'agresseur a proféré à plusieurs reprises "Allah Akbar" après son interpellation pendant qu'il était médicalisé sur place selon la mairie de Nice.

Article original publié sur BFMTV.com