Le New York Times félicite Macron pour sa gestion du coronavirus et tacle l'ingratitude des Français

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Le New York Times félicite Macron pour sa gestion du coronavirus et tacle l'ingratitude des Français

"Macron repousse le coronavirus, la France n'est pas impressionnée", écrit le New York Times dans un long papier aux airs d'éditorial, publié vendredi. Il pointe du doigt les mauvais résultats d'Emmanuel Macron dans les sondages d'opinion, alors que la France est saluée ailleurs pour sa prise en charge de l'épidémie. Le pays obtient en effet depuis plusieurs semaines des résultats en baisse quant au nombre de personnes hospitalisées ou de morts du Covid-19, alors qu'il continue son déconfinement.

Les actions du président français ont "empêché des licenciements de masse, soutenu les salaires des chômeurs, évité les longues files d'attente pour de la nourriture et obtenu un taux de mortalité inférieur à celui de ses voisins, à l'exception de l'Allemagne", écrit l'auteur, visiblement interloqué, et déçu, par le manque de reconnaissance de la population française vis à vis de son président.

Macron dévisse dans les sondages

Avec 29.155 morts selon le dernier bilan du gouvernement, la France a en effet été moins touchée que ses voisins italiens (33.899 morts) ou britanniques (40.542 morts) lors de l'épidémie. Sans parler des Etats-Unis qui déplorent plus de 100.000 morts.

"Mais ne dîtes pas cela aux Français, qui en veulent plus que jamais à M. Macron", dit l'article. L'auteur n'hésite pas à écrire que de toute façon "meilleurs sont les résultats, moins les Français semblent disposés à applaudir leur président". 

Il prend comme exemple différents sondages soulignant la confiance en baisse de la population dans l'exécutif, malgré la sortie progressive de la crise. Mi-mai, selon un sondage Elabe pour BFMTV, 62% des Français interrogés disaient en effet ne pas faire confiance au président Emmanuel Macron.

Le "style impérieux" de Macron dérange

Selon le NYT, le manque de confiance à Emmanuel Macron pourrait venir de la façon de diriger à la française:

"Le président décide et la nation suit", écrit-il, ajoutant plus loin: "A certains égards, M. Macron est son pire ennemi, avec un style qui peut sembler impérieux", écrit encore le journal.

C'est d'ailleurs à cause de ce fonctionnement qu'Emmanuel Macron aurait pâti de la pénurie de masques au début de l'épidémie, 

L'article mentionne le sujet, qui a été largement critiqué en France, notamment dans les hôpitaux manquant de protections sanitaires, alors que les personnels soignants étaient en première ligne face à l'épidémie. Une enquête de Mediapart a notamment enfoncé le clou, écrivant que le gouvernement avait volontairement caché la pénurie de masques au grand public, ce qui a affaibli la confiance d'une partie de la population dans les déclarations de l'exécutif. 

Mais pour le NYT, le chef de l'Etat ne doit pas être tenu comme seul responsable de cette pénurie, car "le gouvernement n'a pas admis [la pénurie] au début, et un porte-parole a minimisé" le problème. Le journaliste cite également une phrase prononcée par le président sur BFMTV, expliquant les erreurs possibles lors de la crise du coronavirus: 

"Quand je regarde autour de nous, personne n’était prêt! Personne!".

Les Français jamais contents

De toute façon, quoiqu'il fasse, le président est critiqué, assure à plusieurs reprises le journaliste.

"M. Macron a réduit le chômage et crée plus d'emplois, mais les Français lui en veulent d'avoir assoupli les protections du travail", ou bien, "il a égalisé le système de retraites des plus démunis du pays" mais a dû faire face à des "mois de grèves de syndicats et de citoyens méfiants de ses intentions".

Pour rappel, la réforme des retraites a été passée à l'assemblée grâce au 49.3 - donc sans vote des députés - et n'est pas encore appliquée. De plus, la confiance des Français au président ne se fonde pas uniquement sur la gestion de l'épidémie du coronavirus. La cote de popularité du chef de l'Etat avait atteint son plus bas de 23% en décembre 2018, en pleine crise des gilets jaunes.


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Article original publié sur BFMTV.com