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“On ne recrute pas” : au Maroc, Aziz Akhannouch perd la bataille de l’emploi

“Depuis qu’Aziz Akhannouch a posé ses valises au Méchouar [où se trouve la présidence du gouvernement], l’économie nationale ne cesse de détruire des emplois”, constate le magazine marocain TelQuel, qui consacre sa une cette semaine à l’incapacité du gouvernement à créer de l’emploi. On y voit un montage photo dans lequel le Premier ministre, l’homme d’affaires Aziz Akhannouch, se tient debout, avec à côté de lui un panneau semblable à celui d’un magasin, mais qui indique : “On ne recrute pas.” “Aziz Akhannouch, l’homme qui ne crée pas d’emplois”, titre enfin le magazine.

Selon les chiffres du Haut-Commissariat au plan, l’organisme officiel des statistiques, 157 000 emplois nets ont été détruits en 2023, en dépit d’une croissance économique positive de 2,8 % prévue pour l’année écoulée. Plus d’un million et demi de Marocains sont aujourd’hui au chômage. Et le taux de chômage s’établit à 13 % de la population active en 2023, un “record” selon TelQuel.

Milieu rural

Les chiffres montrent que ce sont les jeunes de 15 à 24 ans (35,8 % des chômeurs) et les femmes, qui ne sont que 19 % à occuper un emploi, qui sont les plus touchés. “Étonnant pour un gouvernement d’inspiration techno-libérale et dont la fibre business laissait espérer que le Maroc connaîtrait un boom économique”, écrit TelQuel.

À la décharge du gouvernement Akhannouch, le magazine explique que les chocs extérieurs et les années de sécheresse vécues dans le royaume peuvent expliquer en partie la destruction d’emplois, particulièrement en milieu rural, où 198 000 postes ont été perdus. Mais dans les villes, l’industrie, cheval de bataille du gouvernement formé par une coalition de trois partis politiques il y a deux ans, peine à créer des emplois suffisants.

En réalité, ce sont les petits commerces et les services qui créent le plus d’emplois, avec 15 000 nouveaux postes nets en 2023. En résumé, TelQuel diagnostique “une croissance non créatrice d’emplois, mal répartie spatialement, et une machine économique visiblement grippée”.

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