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Il ne fait pas bon être une femme face au climat

Le climat n’est pas neutre. Le réchauffement touche plus fortement les femmes que les hommes. C’est l’effrayant constat du rapport “Le climat est injuste”, publié cette semaine par la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Cette première étude d’ampleur sur les inégalités de genre face au climat a croisé les données socio-économiques de quelque 100 000 ménages ruraux dans 24 pays à revenu faible ou intermédiaire, soit environ 950 millions de personnes, avec soixante-dix ans de données pluviométriques et thermiques. Cela afin de “dresser un tableau détaillé de la manière dont les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes ont affecté les revenus, le travail et la vie des populations”, résume The Guardian.

Le tableau est noir : la crise climatique pèse plus lourdement quand le chef de famille est une femme – la perte de revenus annuels est supérieure dans ces foyers de 8 % à celle des ménages conduits par un homme. Chaque année, on constate “quelque 37 milliards de dollars de pertes supplémentaires pour les femmes en raison de la hausse des températures et 16 milliards de dollars en raison des inondations”, note le quotidien britannique. L’avenir s’annonce encore plus sombre. Si les températures augmentent de 1 °C, ces femmes feraient face à une perte de revenus 34 % plus importante que les hommes chefs de ménage.

Jusqu’ici, c’étaient les inégalités géographiques, opposant les pays riches aux pays pauvres, qui attiraient l’attention. Il est urgent de s’intéresser aux discriminations de genre face au climat. Comme l’observe dans The New York Times Ritu Bharadwaj, chercheuse à l’Institut international pour l’environnement et le développement, “les femmes et les jeunes filles sont beaucoup plus durement touchées par les catastrophes climatiques, non seulement en raison de disparités socio-économiques, mais aussi de normes culturelles ancrées et d’un manque d’accès aux ressources et à la prise de décisions”.

La bonne nouvelle, c’est que la prise de conscience du changement climatique comme “multiplicateur de menaces” pour les femmes avance. “Souvent, les femmes et les filles sont les dernières à manger ou à être secourues ; elles font face à plus de risques pour la santé et la sécurité lorsque la qualité de l’eau et de l’assainissement se détériore”, alertaient les Nations unies dès 2017.

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