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“Je ne suis pas ‘le Chinois du coin’” : à Barcelone, une campagne donne un prénom aux commerçants

Un groupe de jeunes est attablé en terrasse d’un bar, dans le quartier branché de Poblenou, à Barcelone. Interrogé par une journaliste d’El Periódico de Catalunya, l’un d’eux reconnaît : “C’est vrai que, quand on descend s’acheter une bière, au lieu de dire ‘Je vais à l’épicerie’ ou ‘au supermarché ouvert 24 heures sur 24’, on dit ‘Allons au paki [contraction de “pakistanais”]’. Ce sont des choses qui se sont établies dans la société et que l’on considère comme normales, mais c’est vrai que c’est du microracisme.”

“Même si cela peut paraître inoffensif pour certains”, enchaîne le quotidien catalan, deux étudiants d’une école de design barcelonaise ont apporté une réponse à cette “problématique” en créant le hashtag #TengoNombre (“J’ai un prénom”).

Laia Sánchez, 23 ans, et Àlex Porras, 22 ans, ont mis au point des petites affiches colorées, téléchargeables sur le compte Instagram Tengo Nombre, que les gérants de bars et de commerces issus de l’immigration placardent sur leur devanture afin que leurs clients ne les nomment plus selon leur supposée origine, mais bien par leur prénom.

Les deux créateurs disent agir “avec humilité et sans la prétention d’être les champions d’une quelconque cause”, et souhaitent que “les personnes racisées qui subissent ce type de discrimination s’approprient le message”, relate El Periódico.

Une campagne “bien reçue”

La campagne #TengoNombre a notamment “été bien reçue par la communauté chinoise résidant en Espagne”, qui rassemble près de 230 000 personnes, constate le journal barcelonais. La gérante d’un bar, Su Dan Lu, d’origine chinoise, se dit par exemple “ravie” d’être enfin appelée par son prénom, bien qu’elle vive depuis vingt ans en Espagne et que ses enfants “parlent parfaitement le catalan et le castillan [la langue officielle du pays]”. Son mari et elle ont placardé l’affiche “Je ne suis pas ‘le Chinois du coin’” dans leur établissement.

Des mairies et des associations antiracistes ont pris contact avec Laia Sánchez et Àlex Porras pour développer le concept ailleurs, indique le quotidien barcelonais, alors que le site progressiste elDiario.es compte déjà “une dizaine d’affiches” dans le quartier de Poblenou et un peu plus de 8 000 abonnés sur le compte Instagram Tengo Nombre.

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