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Nancy: un collectif de patients dépose plainte après des dialyses "sans nécessité médicale"

Ils dénoncent "des dialyses réalisées en urgence, sans nécessité médicale". Ce mardi 30 janvier, l'association Renaloo, qui porte la voix de personnes atteintes de maladies des reins, annonce déposer plainte.

L'objet de celle-ci: "un établissement de santé privé lucratif de Nancy". S'il n'est pas nommé dans la plainte, il s'agit selon Le Monde de l'hôpital privé Nancy-Lorraine. Ce lieu de soin ainsi que ses praticiens sont accusés d'"atteinte à l’intégrité du corps humain", "mise en danger de la vie d’autrui" et "abus de faiblesse".

Des dialyses non nécessaires

L'association explique qu'un "nombre important de patients" ont subi au fil des années des dialyses en urgence non nécessaires, sans avoir été informés de leurs droits. Comme l'explique le Vidal, il s'agit d'une technique destinée à éliminer les déchets de l'organisme en les filtrant, notamment à l'aide d'une machine appelée dialyseur.

Cette pratique est pourtant invasive, comme l'explique Éric (prénom modifié), cité par l'association. "Ça reste pour moi un moment très douloureux: sous anesthésie locale, on vous enfonce un trocart de 5mm de diamètre dans le cou à proximité des cavités du cœur", explique-t-il avant d'ajouter:

"Faire subir cela sans nécessité médicale, ça relève tout simplement de la barbarie".

Ces dialyses sont, par ailleurs, substituées à des greffes de reins dans les cas mentionnés, comme le déplore vivement l'association.

Des praticiens "toujours en activité"

L'association Renatoo explique que les premières alertes ont été lancées au printemps 2023, en direction de la Commission nationale de déontologie et d'alerte en santé publique et environnementale. Cet organisme a alors reconnu des "actes de maltraitance médicale" et une mise en danger. Depuis, la situation n'aurait pas évolué.

"À notre connaissance, ni l’établissement, ni l’ARS Grand Est n’ont réalisé de signalement auprès de la justice, alors que l’article 40 du code de procédure pénale leur en fait l’obligation, empêchant ainsi toute sanction pour les praticiens et toute information des victimes potentielles", souligne l'organisation.

Les médecins pointés du doigt, eux, sont "toujours en activité". Un élément qu'Éric trouve "révoltant". Une mesure aurait été mise en place par l'établissement. Celui-ci aurait décidé de la "mise sous tutelle, depuis novembre 2023, de toute nouvelle prescription de dialyse par un néphrologue extérieur".

"Nous attendons les retours d’expertises des autorités sanitaires et prendrons les décisions nécessaires si besoin", ajoute le directeur de l'établissement, Olivier Teissedre, à nos confrères du Monde.

Sollicités par BFMTV.com, l'établissement concerné ainsi que l'ARS Grand Est n'ont pas répondu à nos sollicitations à ce stade.

Article original publié sur BFMTV.com