La Namibie en diagonale à travers le plateau d’Erongo

Photo Sophie Squillace

Nous ne nous aventurerons pas vers les sites incontournables du Damaraland ni jusqu’au Kaokoland, à l’extrême nord-ouest du pays. Pas de peintures rupestres ni de rencontre avec les Himba. On doit avancer, ménager nos modestes montures et éviter les coins les plus reculés aux pistes les plus accidentées. Et même si on prend notre temps pendant ce voyage, il nous file entre les doigts.

On décide de rejoindre le parc national d’Etosha à travers le plateau d’Erongo. Chaque jour, on découvre une savane perlée de rocs, de grands rochers et d’incroyables montagnes. Chaque jour, nous choisissons où nous faisons étape pour la nuit. Qui nous accueillera ce soir pour planter notre tente ?

Dans les environs d’Otjiwarongo, nous trouvons une réserve privée qui semble accueillir les campeurs. Les derniers kilomètres se déroulent sur un chemin sauvage qui n’en finit pas. La tête d’une girafe et ses longues oreilles apparaissent au-dessus des branches, une gazelle aux cornes recourbées traverse d’un saut la piste tandis que l’on progresse doucement sous une lumière chaude. Ça ressemble au paradis.

On est accueilli par une Namibienne d’une cinquantaine d’années très surprise de voir des Français par ici sur des motos. Elle et son mari ne sont pas les propriétaires, ils gèrent seulement cet endroit depuis quelques semaines. Le parcours de cette famille afrikaner ressemble à un fim de Ken Loach version Afrique australe. Originaires de Windhoek, trimballés au gré des petits boulots qu’ils trouvent dans un pays à l’économie en crise, de Walvis Bay, sur les chantiers navals, à Rundu, dans le nord du pays, à gérer une gargote de rue, après beaucoup de mésaventures, ils espèrent enfin trouver un peu de sérénité sur cette immense ferme où galopent girafes, antilopes, kudus et oryx.

Le temps d’installer notre campement et nous filons boire une bière fraîche au restaurant de la ferme. Nous découvrons alors une salle ornée de trophées et de sièges faits de peaux de bête. Nous sommes, à notre grand désarroi, arrivés dans une ferme de… chasse.

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