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Nîmes: parents d'élèves et professeurs demandent la délocalisation d'une école après des fusillades

Un quartier au bord de la rupture. Dimanche 10 mars 2024 en fin de journée, le Chemin Bas d'Avignon, à Nîmes, dans le Gard, a une nouvelle fois été le théâtre d'une fusillade qui a fait deux blessés, rapportent plusieurs médias locaux dont le Midi-Libre. Depuis plusieurs années, ce quartier gangrené par le trafic de stupéfiants est le théâtre de nombreux coups de feu et des morts à répétition.

Ras-le-bol

Outre le voisinage qui vit dans la peur, le quartier abrite également plusieurs écoles directement impactées. Depuis deux semaines et la dernière rentrée, le groupe scolaire Georges-Bruguier est à l'arrêt depuis que 13 des 16 professeurs se sont mis en arrêt-maladie, puis en grève, en raison de conditionne de travail trop dangereuses.

Après une première demande écrite de ces derniers la semaine passé, c’est cette fois les parents d'élèves qui demandent une délocalisation pure et simple de l'établissement scolaire. Une solution peu évidente à mettre en œuvre.

"La délocalisation d’un établissement c’est quelque chose d’extrêmement lourd. D’abord c’est long et très coûteux. Tout ce travail doit se faire en concertation entre les services départementaux et les services du rectorat", dit à BFMTV Yvon Manac’h, secrétaire académique du SNPDEN Toulouse.

De l'avis de tous, professeurs, parents d'élèves et syndicats, il appartient désormais aux pouvoirs publics de restaurer la sécurité aux alentours des établissements scolaires du quartier. "Il faut absolument que les pouvoirs publics reprennent la main sur cette situation pour la sécurité des enseignants, pour la sécurité des élèves et par ricochet des familles, des habitants", abonde Isabelle Chenou, représentante du syndicat FO Nîmes.

Plus de police?

Invité sur BFMTV ce mardi matin, Vincent Bouget, conseiller municipal PCF de Nîmes et professeur d’Histoire-Géographie dit "être à l'écoute et comprendre" les peurs des professeurs et parents d'élèves. L'élu promet un déploiement plus massif de policiers autour de l'école afin d'éviter la délocalisation.

"Il y a une solution trouvée la semaine dernière, les dispositifs de police massifs vont rester en place et permettre un fonctionnement normal. Ça n’enlève pas la peur, c’est une première réponse", assure-t-il.

Pour sa part, l'unité SGP Police du Gard, par l'intermédiaire de sa secrétaire départementale Sandy Issartel, pointe l'impossibilité pour les officiers de police de rester continuellement autour de l'école.

"Malheureusement, à l’heure actuelle, nous n’avons pas les effectifs pour mettre ces véhicules à temps plein sur ces quartiers. Nous les demandons, ça fait des mois, des années", dénonce-t-elle.

La situation est loin d'être nouvelle pour l'école Georges-Bruguier, qui en 2016, avait déjà dû rester fermée une journée après que des traces de balles ont été retrouvées sur son enceinte. En 2020, les cours avaient temporairement été déménagés dans un centre de loisirs en raison d'une intrusion.

Article original publié sur BFMTV.com