Née aux États-Unis, survivante du Covid... Qui est Maria Branyas Morera, nouvelle doyenne de l'humanité?

Photo de Maria Branyas Morera en janvier 2023 - Residencia del Tura
Photo de Maria Branyas Morera en janvier 2023 - Residencia del Tura

"Je suis vieille, très vieille, mais pas idiote", peut-on lire dans la description de la page Twitter de Maria Branyas Morera. Cette femme américano-espagnole, âgée de 115 ans, est depuis la semaine dernière la nouvelle doyenne de l'humanité, après la mort de la Française sœur André, 118 ans, qui détenait ce titre.

Maria Branyas Morera est née le 4 mars 1907 à San Francisco en Californie (États-Unis), mais en 1915, ses parents décident de retourner en Espagne, explique le Guiness World Records. Elle est depuis restée dans ce pays, et vit depuis 2000 dans une maison de retraite, la Residència Santa María del Tura, située dans la ville d'Olot, au nord-est de l'Espagne.

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"C'est un honneur de pouvoir continuer à l'accompagner et à prendre soin d'elle" a écrit l'établissement dans une publication sur les réseaux sociaux, assurant qu'elle "est en bonne santé".

Deux guerres mondiales et la dictature de Franco

Quand elle arrive en Espagne en 1915, Maria Branyas Morera a perdu son père, mort en bateau pendant le voyage d'une tuberculose. Elle-même est blessée pendant la traversée, et perd l'audition d'une oreille. À 115 ans passés, elle souffre d'ailleurs d'importants problème d'audition.

Maria Branyas Morera et sa famille arrivent également en Europe en pleine Première Guerre mondiale. C'est dans ce pays également qu'elle vivra la guerre civile espagnole (1936-1939), la dictature de Franco (1939-1977) et la Seconde Guerre mondiale.

Elle décrit ces guerres comme "très néfastes en Europe" à Catalan News et dit avoir de "très mauvais souvenirs" de la guerre civile en Espagne.

En 1931, elle se marie à Joan Moret, un médecin. Elle raconte sur Twitter que le jour de leurs noces, le curé est attendu pendant des heures, "jusqu'à ce qu'un monsieur arrive et nous dise que le prêtre ne viendrait pas, car il était mort." À l'époque "il n'y avait pas de téléphone", rappelle-t-elle, quelqu'un va donc chercher une autre personne pour officier et le mariage prévu à midi sera finalement célébré à 19h.

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Elle a eu depuis trois enfants, 11 petits-enfants et 13 arrières-petits-enfants. Son mari est, lui, mort à l'âge de 72 ans.

Entre 1907 et aujourd'hui, Maria Branyas Morera a vécu des changements majeurs dans la société, notamment l'arrivée d'internet. Si elle applaudit certains progrès, comme les réseaux sociaux qui lui permettent de rester en lien facilement avec sa famille, elle trouve que la société actuelle accorde trop de valeur à l'argent. Selon elle, les gens vivaient "plus paisiblement et plus joyeusement" au début du XXe siècle, rapporte le Guiness World Records.

"De la chance et une bonne génétique"

Interrogée plusieurs fois sur le secret de sa longévité, elle a écrit sur Twitter qu'elle avait toujours "mangé peu mais de tout" et n'avait "jamais suivi de régime". Elle souligne également n'avoir jamais eu de maladie grave, ni avoir été opérée, et pense "que la longévité, c'est aussi avoir de la chance. De la chance et une bonne génétique".

La fille cadette de la centenaire, Rosa Moret, 78 ans, a salué la bonne santé de sa mère, due selon elle à la "génétique". "Elle n'est jamais allée à l'hôpital, elle ne s'est jamais rien cassé", a confirmé Rosa Moret la semaine dernière à la télévision régionale catalane.

La doyenne écrit aussi avoir privilégié dans sa vie "l'ordre, la tranquillité, une bonne connexion avec la famille et les amis, le contact avec la nature, la stabilité émotionnelle" mais aussi "beaucoup de positivité".

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Maria Branyas Morera a tout de même attrapé le Covid-19 en 2020. Elle a même été la personne la plus vieille ayant survécu à ce virus, avant d'être battue par la Française sœur André. "Cette pandémie a révélé que les personnes âgées sont les oubliées de notre société", avait-elle ensuite déclaré dans une interview au journal britannique The Observer.

"La vie n'est éternelle pour personne", tweetait-elle au 1er janvier 2023. "À mon âge, une nouvelle année est un cadeau, une humble fête, une nouvelle aventure, un beau voyage, un moment de bonheur. Profitons de la vie ensemble."

Article original publié sur BFMTV.com