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Le mystère des portraits japonais de Besançon

La découverte de onze peintures sur soie originaires du Japon et datant de la fin du XVIIIe siècle dans les réserves du musée des Beaux-Arts de Besançon, en 1984, en a laissé plus d’un stupéfait. Au premier rang desquels le journaliste japonais Riki Kato, qui apprend la nouvelle au détour d’un article du Hokkaido Shinbun, journal de l’île japonaise éponyme pour lequel il travaille à l’époque. “Comment ces peintures sur soie, de 45,5 centimètres sur 36, avaient pu atterrir dans une petite ville de France, à près de 10 000 kilomètres de Hokkaido, l’article ne le disait pas”, précise The Japan Times.

Envoyé à Paris comme correspondant de 1994 à 1998, Riki Kato se met en tête de percer le mystère. Il entreprend même un voyage dans le Doubs pour admirer les estampes, qui représentent des chefs aïnous, peuple du nord de l’archipel japonais. Malheureusement, “sa vie professionnelle, d’abord comme correspondant à Paris, puis au Japon, ne lui a guère laissé de temps pour creuser le mystère. Mais l’énigme n’a jamais cessé de lui trotter dans la tête”, assure The Japan Times.

Aujourd’hui, Riki Kato évoque plusieurs théories qui pourraient expliquer l’arrivée en Franche-Comté de ces œuvres de l’artiste samouraï Hakyo Kakizaki, né à Matsumae, sur l’île de Hokkaido. La première mène à “un lieutenant du nom de Jules Brunet, envoyé en mission avec dix-neuf autres militaires français à Hakodate (sur Hokkaido) pour soutenir les troupes du shogun Tokugawa durant la guerre de Boshin, en 1868-1869”, indique le journal nippon. Originaire de la région, il aurait pu ramener dans ses bagages les peintures à son retour du Japon.

La piste d’un missionnaire français

Il est également question du fils du peintre, qui, réfugié à Tokyo, aurait été contraint de vendre les œuvres de son père, qui auraient fini par atterrir en France.

Une autre piste mène au missionnaire catholique Eugène-Emmanuel Mermet-Cachon, “l’un des plus éminents spécialistes du Japon dans la France du XIXe siècle”, selon le quotidien tokyoïte. Lui aussi originaire de l’est de la France, il a également officié à Hokkaido pendant plusieurs années dans le courant du XIXe siècle.

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