Publicité

Mort de Thomas : les neuf interpellés ont été mis en examen, l'élucidation des faits "pas achevée"

En moins de sept jours, 140 auditions de 103 témoins ou victimes ont été menées, permettant de réunir des premiers éléments, parfois contradictoires sur le déroulé de la soirée à la salle des fêtes de Crépol, précise le parquet de Valence.

La nouvelle est tombée dans la soirée de samedi. Interpellés plus tôt dans la semaine, neuf jeunes, dont trois mineurs, ont été mis en examen pour différents chefs dont "meurtre en bande organisée", "tentatives de meurtre" ou "violences volontaires commises en réunion", après la mort du jeune Thomas lors d'un bal à Crépol, a indiqué le parquet de Valence

"A ce stade, l'élucidation des faits commis à Crépol n'est pas achevée", a déclaré le procureur de la République à Valence Laurent de Caigny en se refusant à tout détail sur les identités et les charges précises retenues contre chaque suspect "pour des raisons évidentes de protection" des personnes et de l'enquête.

Motivations "pas clairement établies"

Même si "les mobiles et les motivations des agresseurs ne sont pas clairement établis", l'enquête ne permet pas à ce stade d'affirmer que les victimes ont pu être visées en raison de leur appartenance à une "prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée", a précisé le procureur.

"Le scénario même des passages à l'acte, les mobiles et l'identification de tous les auteurs des faits ne sauraient se résumer à des dénonciations sans preuve, des spéculations ou des interprétations hâtives", a-t-il mis en garde alors que le drame a suscité une avalanche de réactions de l'extrême droite, et de la droite sur le thème de l'insécurité et de l'immigration.

Ainsi, celui qui avait été désigné comme l'auteur des coups mortels "n'a pas été reconnu" par le témoin qui l'avait désigné, selon le communiqué.

104 témoins auditionnés

Samedi dernier, ce jeune de 20 ans était entré avec d'autres dans la salle des fêtes de Crépol, où se tenait un bal réunissant environ 400 personnes, selon le communiqué. Une altercation impliquant un des suspects éclate dans la salle des fêtes "pour un motif futile qui, selon certains, serait lié à sa coupe de cheveux". Il sort "clairement dans l'intention de se battre".

Au même moment, des véhicules arrivent à vive allure avec à bord des passagers jugés "hostiles", alors que la soirée s'achève et que la salle commence à se vider.

"Tous les individus extérieurs à Crépol sont décrits comme portant des coups, certains des coups de couteaux", des cris et des insultes sont entendus, 9 témoins sur les 104 auditionnés entendent des propos hostiles "aux blancs", 12 relatent avoir entendu "ça plante". Le groupe hostile finit par s'enfuir à bord de plusieurs véhicules.

Thomas, un lycéen de 16 ans blessé par un coup de couteau, décède lors de son transport à l'hôpital. Les violences ont également fait huit blessés, dont trois graves.

Mardi, neuf jeunes ont été arrêtés à Toulouse et Romans-sur-Isère dans l'enquête ouverte par les gendarmes. Trois sont des mineurs de plus de 16 ans, les autres ont de 19 à 22 ans, certains sont connus de la justice.

Un dixième s'est présenté spontanément aux gendarmes pour expliquer sa présence à Crépol le soir du drame, a précisé le procureur et a lui aussi été placé en garde à vue.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Mort de Thomas à Crépol : Émotion et solidarité lors de la marche blanche à Romans-sur-Isère