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La mort suspecte d'un couple d'octogénaires cache-t-elle un assassinat? Trois proches mis en examen

Que s'est-il passé dans le huis clos familial de cette maison du lieu-dit la Madeleine, à un kilomètre de Chahaignes (Sarthe)? Après la mort d'un couple de personnes âgées, à deux semaines d'intervalle, le 29 décembre 2023 et le 15 janvier 2024, trois personnes ont été mises en examen et placés en détention provisoire, a appris BFMTV.com auprès du parquet du Mans, confirmant une information de Ouest France. Il s'agit du fils de l'octogénaire décédé, de sa compagne et du fils de cette dernière.

Le 29 décembre 2023, un homme de 84 ans décède. Deux semaines plus tard, le 15 janvier 2024, c'est sa compagne de 85 ans qui meurt à son tour. Mais la famille de la vieille dame émet des soupçons sur les causes de cette mort et saisit, via son avocat, le parquet du Mans, le 24 janvier 2024.

Devant la procureure de la République, Delphine Dewailly, la famille fait part de "ses interrogations quant aux circonstances de ce décès, survenu quelques jours seulement après le décès de son propre compagnon, le 29 décembre 2023, les deux morts étant intervenues au domicile du fils de ce compagnon", a expliqué la procureure dans un communiqué.

"Appropriation" de plusieurs dizaines de milliers d'euros

Une information judiciaire a été ouverte pour "assassinats". L'enquêté, menée par les gendarmes de la compagnie de La Flèche, aidés des militaires de la section de recherches d’Angers (Maine-et-Loire), a rapidement conduit à l'interpellation de trois personnes: le fils de l’octogénaire, âgé de 53 ans, sa compagne de 50 ans et le fils de cette dernière, âgé de 19 ans, avec qui résidaient les deux personnes âgées.

Ce sont les autopsies des deux corps, mais également "l’étude des versements financiers intervenus en faveur du couple hébergeur" qui ont éveillé les doutes des enquêteurs sur "l’intervention d’un tiers comme cause du second décès", a expliqué la procureure de la République du Mans.

Les enquêteurs soupçonnent également une "appropriation" par le couple hébergeur des valeurs financières des deux victimes, estimées à plusieurs dizaines de milliers d'euros.

D'autant que les premières investigations, et notamment les témoignages recueillis, laissaient "suspecter que ces deux personnes ne disposaient pas de leur liberté de mouvement et ne pouvaient s’éloigner de la maison, au sein de laquelle ils étaient parfois enfermés", a ajouté la magistrate.

Une précédente condamnation pour escroquerie

Le couple de quinquagénaires et leur fils ont été mis en examen pour "assassinats ou complicité", "violence sur personne vulnérable", "abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne vulnérable" et "recel", "recel de cadavre" et "séquestration arbitraire". Ils ont tous les trois été placés en détention provisoire.

La femme mise en cause dans ce dossier a déjà été condamné en 2023 par le tribunal correctionnel du Mans pour des faits d'escroquerie dans le cadre de "diverses activités au sein d’établissements recevant des personnes vulnérables", a précisé la magistrate. Son compagnon, lui, a indiqué "être autoentrepreneur en brasserie, sans disposer d’une réelle activité".

L'enquête se poursuit, elle doit notamment permettre de "reconstituer le parcours et les conditions d’accueil de ces deux personnes âgées au cours des mois précédent leur décès", a fait savoir la procureure de la République du Mans.

Article original publié sur BFMTV.com