Mort de Samuel Paty : ce rapport décrit la « vive inquiétude » du professeur avant son assassinat

A woman holds a picture of Samuel Paty, Place de la Liberte in Lille on October 18, 2020, in homage to the history teacher, two days after he was beheaded by an attacker who was shot dead by policemen. - Thousands of people rally in Paris and other French cities on October 18 in a show of solidarity and defiance after a teacher was beheaded for showing pupils cartoons of the Prophet Mohammed. His murder in a Paris suburb on October 16 shocked the country and brought back memories of a wave of Islamist violence in 2015. (Photo by FRANCOIS LO PRESTI / AFP)
FRANCOIS LO PRESTI / AFP A woman holds a picture of Samuel Paty, Place de la Liberte in Lille on October 18, 2020, in homage to the history teacher, two days after he was beheaded by an attacker who was shot dead by policemen. - Thousands of people rally in Paris and other French cities on October 18 in a show of solidarity and defiance after a teacher was beheaded for showing pupils cartoons of the Prophet Mohammed. His murder in a Paris suburb on October 16 shocked the country and brought back memories of a wave of Islamist violence in 2015. (Photo by FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

FRANCE - L’enquête sur Samuel Paty a établi la « vive inquiétude ressentie » par le professeur avant son assassinat le 16 octobre 2020 dans les Yvelines « devant l’ampleur et l’agressivité de la polémique » qui le visait, selon un rapport d’enquête dévoilé par Le Parisien ce lundi 21 novembre et consulté par l’AFP.

Dans ce « rapport de synthèse » final de la Sdat (Sous-direction anti-terroriste) daté du 28 juin, un enquêteur résume les investigations sur l’assassinat du professeur d’histoire-géographie de 47 ans, poignardé puis décapité près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d’origine tchétchène, tué peu après par la police.

Le jeune homme de 18 ans, radicalisé, lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Dans un message audio en russe, Abdoullakh Anzorov avait revendiqué son geste en se félicitant d’avoir « vengé le prophète ».

Recherches sur Internet et capuche sur la tête

Il avait pris connaissance de la polémique visant le professeur quelques jours plus tôt via les réseaux sociaux, où avaient été diffusées des vidéos de Brahim Chnina, le père d’une collégienne visée par une exclusion pour indiscipline et qui prétendait avoir assisté au cours, et du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui.

Selon le rapport, Samuel Paty « s’en ouvrait à au moins deux collègues, à qui il demandait de le véhiculer au collège et/ou à son domicile » deux jours avant les faits. Le 10 octobre, raconte le Parisien, il aurait écrit un mail à ses collègues assurant être « menacé par des islamistes locaux ». Et d’ajouter, alors que deux enseignants se seraient désolidarisés et l’auraient accusé d’islamophobie : « Je suis athée et pas baptisé !!! »

Ce même 14 octobre 2020, selon le rapport, il effectuait des recherches internet « sur lui-même et la polémique dont il faisait l’objet », d’après son historique de navigation, et aussi « sur la définition juridique d’une menace à l’ordre public ».

D’après la vidéosurveillance, le jour des faits, Samuel Paty a « rabattu la capuche de son manteau sur la tête dès sa sortie de l’établissement, pour potentiellement se dissimuler », note le rapport. Les enquêteurs retrouveront « un marteau » dans son sac à dos « sans qu’il n’ait été possible de déterminer l’usage auquel il était destiné ».

Enquête pour non-assistance à personne en péril

Dans ce dossier, quatorze personnes sont mises en examen.

Les magistrats instructeurs ont signifié récemment la fin des investigations, et le parquet national antiterroriste doit rendre très prochainement son réquisitoire définitif, avant une décision finale des juges d’instruction.

Après une plainte de proches de Samuel Paty, une autre enquête a été ouverte en avril par le parquet de Paris pour non-assistance à personne en péril et non empêchement de crime.

Leur avocate Me Virginie Le Roy avait pointé des « fautes (...) tant du côté de l’Éducation nationale que du côté du ministère de l’Intérieur ».

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