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Mort du petit Émile au Haut-Vernet : vêtements retrouvés, analyses, pistes... les précisions du procureur

Une photo d’Émile Soleil, publiée par la gendarmerie nationale le 9 juillet 2023.
Twitter Gendarmerie nationale Une photo d’Émile Soleil, publiée par la gendarmerie nationale le 9 juillet 2023.

FAITS DIVERS - Deux jours après l’annonce de la découverte du crâne et de dents du petit Émile au-dessus du Haut-Vernet dans les Alpes-de-Haute-Provence, la conférence de presse du procureur d’Aix-en-Provence était particulièrement attendue.

Il s’agissait de la première prise de parole face aux médias de Jean-Luc Blachon depuis qu’il a été saisi de ce dossier, le 18 juillet 2023, dix jours après la disparition de l’enfant de deux ans et demi. Voici ce qu’il faut en retenir, point par point.

• Les analyses du crâne et des dents

Malgré les analyses après la découverte du crâne et de dents, il n’est pour l’instant pas possible « de dire quelle est la cause de la mort d’Émile », a annoncé Jean-Luc Blachon. Les premières analyses sur le crâne montrent la présence de « petites fractures et de fissures post-mortem ». Mais « aucun traumatisme ante mortem n’a été observé. Le crâne présente des traces de morsures, probablement causées par un ou des animaux », a-t-il précisé.

Chute accidentelle, homicide involontaire, meurtre ? Toutes les pistes restent donc ouvertes, « même si ce n’est satisfaisant pour personne, ni pour la famille, ni pour les enquêteurs, ni pour les juges d’instruction », a regretté le magistrat.

• La découverte de vêtements

Les enquêteurs ont retrouvé des vêtements que le garçonnet portait lors de sa disparition : « un tee-shirt, ses chaussures et sa culotte ». Ces vêtements « n’étaient pas rassemblés au même endroit mais éparpillés sur quelques dizaines de mètres », « en contrebas » du sentier où ont été retrouvés le crâne et les dents.

Le procureur a précisé que près de ce sentier, se trouve un ruisseau qui descend de la montagne.

• La zone de découverte du crâne et des dents

« À cette heure, nous ne pouvons affirmer si le corps d’Émile était d’ores et déjà présent dans la zone de recherche » qui a été quadrillée par les enquêteurs après la disparition de l’enfant, a aussi déclaré le procureur. Ce qui est sûr, c’est que la zone fouillée lors des premières battues comprenait l’endroit où a été découvert ce week-end par une promeneuse le crâne et les dents. Toutefois, il « ne peut affirmer aujourd’hui que chaque mètre carré a été foulé par un membre des équipes de recherche ».

« La promeneuse a découvert les ossements entre 12h et 14h sur un chemin qu’elle se souvient avoir arpenté un mois avant », a détaillé le procureur d’Aix-en-Provence. « Elle a pu indiquer avec une bonne précision l’endroit où se situait le crâne : au sol d’un chemin étroit, forestier (…) dans une zone très végétalisée l’été », mais beaucoup moins durant ce printemps. Ce chemin suit « une ligne de niveau, avec une très forte déclivité », de l’ordre de 30 %.

La zone de découverte se trouve à environ « 25 minutes du village à marche d’homme », a précisé le magistrat.

• Les chiffres vertigineux de l’enquête

Présent aux côtés du procureur, le colonel Christophe Berthelin a indiqué que du jour de la disparition jusqu’à ce début du mois d’avril, près de 1 700 signalements ont été reçus par email, téléphone, lettre ou à l’oral. Il y a aussi eu un total de 157 auditions, 1 million de pages numériques étudiées, un travail sur 1 000 lignes téléphoniques de personnes présentes à proximité du Haut-Vernet au moment des faits, 500 prélèvements et scellés, ou encore 18 véhicules ayant fait l’objet d’opérations de police technique et scientifique complètes.

Neuf mois après la disparition

Le 8 juillet 2023, Émile Soleil avait disparu au premier jour de ses vacances chez ses grands-parents maternels, au Haut-Vernet, minuscule hameau de 25 habitants rattaché au village du Vernet, entre Gap et Digne-les-Bains.

L’enquête, initialement ouverte pour « recherche des causes de disparition inquiétante », avait basculé sous le régime de l’enquête préliminaire le 12 juillet, toujours sous la direction du parquet de Digne-les-Bains. Puis elle s’était transformée en information judiciaire le 18 juillet, avec la saisine de deux juges d’instruction d’Aix-en-Provence, et le dossier avait donc été transféré au parquet d’Aix. Enfin, le 21 août, l’enquête judiciaire avait été élargie aux faits criminels « d’enlèvement » et « séquestration ».

Ce n’est que ce week-end, près de neuf mois après la disparition, que la mort d’Émile a été officialisée par un très court communiqué du procureur d’Aix-en-Provence, après la découverte d’un crâne et de dents par une randonneuse au-dessus du Haut-Vernet, dans une zone escarpée. Ils ont ensuite été identifiés par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) comme étant ceux d’Émile Soleil.

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