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Mort de Nahel: prison avec sursis pour un "influenceur" qui avait incité aux émeutes à Brest

Le jeune homme, dans l'attente d'un titre de séjour pour pouvoir travailler, a été condamné pour avoir "coordonner les émeutiers de Brest" via les réseaux sociaux.

Un jeune homme de 20 ans, présenté comme "influenceur" sur TikTok, a été condamné ce lundi 19 février à 12 mois de prison avec sursis probatoire pour avoir incité à commettre des émeutes à Brest en juin dernier. Le sursis probatoire a été assorti de l'obligation de réaliser 240 heures de travail d'intérêt général.

"Appel à tous les frères. Ce soir, on se rassemble tous. On va faire du sale à tous ces fils de putes de keufs", avait lancé le prévenu, cagoulé et portant des lunettes de soleil, sur des vidéos postées sur Snapchat et Telegram, le 29 juin 2023.

"Émeutes Brest"

Des violences urbaines avaient alors éclaté depuis la veille à Brest, comme dans le reste du pays, après la mort à Nanterre (Hauts-de-Seine) de Nahel, 17 ans, tué par un policier lors d'un contrôle routier.

Le prévenu, de nationalité centrafricaine, administre alors une boucle Telegram intitulée "Emeutes Brest" et est soupçonné par les policiers de "coordonner les émeutiers de Brest".

"Les vidéos, je les ai faites parce qu'on m'a demandé de les faire", se défend à la barre ce jeune homme grand et mince, qui se définit comme "créateur de contenu" ("On ne dit plus influenceur", précise-t-il au président du tribunal).

Sur son compte TikTok créé pendant le confinement, il publie des vidéos de foot et compte près de 53.000 abonnés. Une activité qui lui rapporte environ 200 euros par mois.

"Cracher dans la soupe"

C'est cette "notoriété" qui l'a amené à proposer ses services pendant les violences urbaines. Le but? "Qu'il y ait des affrontements au mortier avec les policiers" mais "sans pillage", explique-t-il en garde à vue.

Il sera pourtant reconnu, sur des images de vidéosurveillance, entrant dans un supermarché dévalisé, une nuit de violences. "Les mortiers, c'était une incantation à la justice pour se faire entendre", explique-t-il à la barre, en évoquant "les jeunes des quartiers" tués par des "bavures policières".

"Vous crachez sur les policiers, sur la République", lui lance la procureure, en requérant deux ans de prison ferme. "Ce n'est pas un délinquant, c'est quelqu'un de tranquille qui s'est fait emporter voire manipuler", rétorque son avocat Me Florent Bouvier.

Casier judiciaire vierge, le jeune homme avait fui son pays, en pleine guerre civile, à l'âge de neuf ans. En juin, il était dans l'attente d'un titre de séjour pour pouvoir travailler. "Avec une condamnation judiciaire, ça va être compliqué", lui a fait remarquer le président, en lui reprochant de "cracher dans la soupe".

Article original publié sur BFMTV.com

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