Mort d’Elizabeth II : Fortune, héritage... Ce qui va changer dans les finances de la famille royale

Britain's Camilla, Queen Consort (L) listens as Britain's King Charles III speaks during a meeting of the Accession Council inside St James's Palace in London on September 10, 2022, to proclaim him as the new King. - Britain's Charles III was officially proclaimed King in a ceremony on Saturday, a day after he vowed in his first speech to mourning subjects that he would emulate his
VICTORIA JONES / AFP Britain's Camilla, Queen Consort (L) listens as Britain's King Charles III speaks during a meeting of the Accession Council inside St James's Palace in London on September 10, 2022, to proclaim him as the new King. - Britain's Charles III was officially proclaimed King in a ceremony on Saturday, a day after he vowed in his first speech to mourning subjects that he would emulate his "darling mama", Queen Elizabeth II who died on September 8. (Photo by Victoria Jones / POOL / AFP)

VICTORIA JONES / AFP

(La reine consort Camilla et le roi Charles III lors de la proclamation le 10 septembre 2022)

ROYAUME-UNI - Deux jours après le décès de la reine Elizabeth II, son fils Charles a été proclamé roi ce samedi 10 septembre. Charles III hérite aujourd’hui du trône mais aussi de la fortune privée de la reine, un patrimoine colossal qu’il recevra sans avoir à s’acquitter de droit de succession, privilège réservé aux successions royales.

Que possédait Elizabeth II ? Si rien n’oblige les monarques britanniques à révéler leurs finances privées, elle était à la tête d’une fortune personnelle de 370 millions de livres (436 millions d’euros) en 2022 selon le Sunday Times, soit 5 millions de plus que l’année précédente.

Une grande partie de la fortune léguée de reine à roi

Les terres du domaine de la Couronne et la collection royale d’art et de bijoux, ainsi que les résidences officielles et les archives royales sont détenus par la monarchie en tant qu’institution. En tant que tels, ils ne seront transmis à Charles qu’en fiducie.

Le palais de Buckingham, résidence royale londonienne, et le château de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, sont propriétés de l’État, mais le château de Balmoral, villégiature d’été de la famille royale, et la résidence de Sandringham, où la famille royale célèbre traditionnellement les fêtes de fin d’année, étaient eux propriétés de la monarque et seront légués à Charles.

La reine possédait aussi un important portefeuille d’actions et une collection royale de timbres dont la valeur est estimée à 100 millions de livres, selon les auteurs du classement « Rich List » 2021 du Times.

Les célèbres joyaux de la Couronne, évalués à quelque 3 milliards de livres, appartenaient symboliquement à la reine et sont automatiquement transmis à son successeur.

La fortune de la reine vient s’ajouter à la fortune personnelle de Charles, estimée à 100 millions de dollars (87 millions de livres) par le site Celebritynetworth.com.

Le prince Philip, mari d’Elizabeth, a laissé à sa mort en avril 2021 un patrimoine plus modeste de 30 millions de livres, selon Celebritynetworth. Il possédait notamment une collection de tableaux et 3000 ouvrages, dont l’essentiel aurait été légué à des amis et de la famille.

Un duché de perdu, un autre de trouvé

En devenant roi, Charles hérite du Duché de Lancaster, propriété de la royauté depuis le Moyen-Âge, qui avait généré lors de l’année fiscale achevée en mars 24 millions de livres de revenus privés destinés au monarque britannique. « L’argent de Lancaster revient au souverain, au roi ou à la reine, en vertu de son poste », explique David McClure, auteur d’un livre sur les finances royales.

Charles perd en revanche le Duché de Cornouailles, qui revient au fils aîné du monarque et génère environ 21 millions de livres par an. « Il reviendra directement (au prince) William », précise David McClure.

Charles bénéficie aussi d’une allocation annuelle (« sovereign grant ») du Trésor public, fixée à 15 % des revenus du patrimoine de la Couronne, le « Crown Estate », qui comprend du foncier mais aussi un parc colossal d’éoliennes, entre autres, et dont les recettes sont restituées au Trésor public depuis un acte de loi de 1760.

Cette allocation avait atteint 86,3 millions de livres pour 2021-2022, en tenant compte d’une rallonge substantielle pour la rénovation de Buckingham Palace accordée pour dix ans (34,5 millions de livres au titre de 2021-2022).

Le « sovereign grant » permet de financer les dépenses liées aux activités officielles de représentation du souverain ou des membres de sa famille, notamment le salaire des personnels, l’entretien et le ménage des palais, les voyages officiels ainsi que des réceptions.

Des « petites sommes » pour les membres de la famille ?

Si l’essentiel de la richesse de la reine est transmis à Charles sans droit de succession, c’est grâce à une exemption qui remonte à 1993 censée éviter que, si plusieurs monarques venaient à mourir à quelques années d’intervalle, le patrimoine du roi ou de la reine ne se volatilise, en étant réduit de 40 % à chaque héritage.

« Les actifs privés tels que Sandringham et Balmoral ont un usage aussi bien officiel que privé », explique en outre le ministère des Finances, ajoutant que la monarchie doit aussi « avoir un certain degré d’indépendance financière vis-à-vis du gouvernement en place ».

Mais cet avantage est limité aux transmissions entre un souverain et son successeur. « Il est probable que la reine laisse un testament et que de petites sommes » iront à des membres de la famille proche « mais pas l’essentiel de la richesse », qui reviendra à Charles, assure David McClure.

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