Mort d’un agent tué à Bullecourt lors d’un contrôle fiscal : l’émotion des politiques et des habitants

Les gendarmes entrent lors d’une perquisition de la maison rue Queant à Bullecourt, dans le nord de la France, le 22 novembre 2022, chez le brocanteur de 46 ans qui a tué un contrôleur des impôts le 21 novembre 2022 alors qu’il faisait son travail. - L’agent des impôts retrouvé mort le 22 novembre 2022 après avoir été séquestré avec un collègue dans une brocante de Bullecourt (Pas-de-Calais), qui s’est suicidé, a été tué « dans le cadre d’un contrôle fiscal », a déclaré le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal. (Photo de FRANCOIS LO PRESTI / AFP)
FRANCOIS LO PRESTI / AFP Les gendarmes entrent lors d’une perquisition de la maison rue Queant à Bullecourt, dans le nord de la France, le 22 novembre 2022, chez le brocanteur de 46 ans qui a tué un contrôleur des impôts le 21 novembre 2022 alors qu’il faisait son travail. - L’agent des impôts retrouvé mort le 22 novembre 2022 après avoir été séquestré avec un collègue dans une brocante de Bullecourt (Pas-de-Calais), qui s’est suicidé, a été tué « dans le cadre d’un contrôle fiscal », a déclaré le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal. (Photo de FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

FAITS DIVERS - « Un drame humain terrible », a déploré ce mardi 22 novembre Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement. Le meurtre à Bullecourt (Pas-de-Calais) ce lundi soir d’un agent du fisc par un brocanteur, qui s’est ensuite suicidé, a provoqué une vive émotion chez les syndicats, les personnalités politiques, et les habitants de la commune.

La victime, un inspecteur principal des finances publiques de 43 ans, a été retrouvée morte, « probablement à la suite de coups de couteau », selon le parquet d’Arras. L’inspectrice qui l’accompagnait a été séquestrée et ligotée par le brocanteur, mais « ses jours ne sont pas en danger », a précisé le parquet. L’accès au domicile du brocanteur était bloqué mardi matin par les gendarmes, qui poursuivaient leurs investigations. Gabriel Attal, ministre de l’Action et des Comptes publics s’est rendu sur place.

Renforcer la protection des agents du fisc

« C’est toute la DGFiP (direction générale des Finances publiques) qui est en deuil », a réagi mardi FO-DGFiP dans un communiqué, condamnant un « acte inqualifiable ». « Ce drame vient amèrement rappeler à tous que les agents des finances publiques, en particulier nomades, exercent des missions potentiellement dangereuses », a ajouté le syndicat, qui appelle à « tirer les leçons de cette tragédie pour renforcer concrètement la protection des personnels ».

« Il y a un silence pesant. Mes collègues sont abattus. On a tous très mal dormi », a confié de son côté Michael Golpart, contrôleur principal des finances publiques et co-secrétaire départemental de la CGT des finances publiques du Pas de Calais, sur France Bleu Nord. Il évoque des « instants de terreur » dans l’attente de la révélation de l’identité du contrôleur décédé. « Est-ce que c’est un ami, un syndicaliste, est-ce que c’est un mari, un papa ? Franchement, ce sont des minutes terribles. »

Sur Cnews, Olivier Véran, a lui dénoncé « un acte le plus terrible qui soit ». Mais « on ne connaît pas les motivations, si on peut parler de motivations », a-t-il ajouté. « Cet homme avait le visage du service public », s’est encore ému le porte-parole du gouvernement.

Le président de la Région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, tout comme le maire d’Arras, Frédéric Leturque, ont fait part de leur vive émotion.

« Cet homme faisait simplement son travail (...) Aujourd’hui, il n’est pas revenu. Il a été tué dans le cadre de ce contrôle fiscal », avait annoncé Gabriel Attal, lundi en milieu de soirée devant le Sénat. Ses collègues de la DDFiP du Pas-de-Calais « et plus largement tous les agents des finances publiques sont ce soir bouleversés et en deuil », avait-il ajouté, avant d’inviter à un moment de recueillement « en son hommage » dans l’hémicycle.

Le maire de la commune et les habitants sous le choc

Le brocanteur, divorcé et père de deux enfants, « était arrivé dans le village il y a quatre ans », a affirmé à l’AFP Éric Bianchin, maire de cette bourgade de 250 habitants située au sud d’Arras. « Il avait acheté une ferme rue de Quéant, où il faisait des ventes chez lui. Il vidait les maisons, les vide-greniers et revendait chez lui », a-t-il ajouté, les yeux humides derrière ses lunettes.

« C’est un petit village, tout le monde se connaît. Je n’ai jamais eu de problème avec lui, il était serviable, c’était une personne lambda. Il était intégré dans le village », a poursuivi le maire. Selon lui, les habitants « le voyaient très peu », car « il partait très tôt le matin pour son activité ».

Accoudé sur un vélo au bout de la rue, René, un habitant qui ne veut pas donner son nom, affirme qu’il connaissait le brocanteur, à qui il avait acheté « une machine à laver, des bricoles ». « C’était quelqu’un de correct, je ne comprends pas… »

Le brocanteur de 46 ans se serait donné la mort par arme à feu, a indiqué lundi soir le parquet dans un communiqué, sans s’étendre sur ses possibles motivations, mais promettant « un communiqué plus complet » mardi. La section de recherche de la gendarmerie des Hauts-de-France a été saisie dans le cadre d’une enquête de flagrance pour assassinat.

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