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Mort d’Émile : le corps du garçon retrouvé dans « un lieu désert » où « personne ne passe », selon le maire

Alors que de nouvelles recherches ont lieu ce 1er avril, le maire du Haut-Vernet en dit plus sur le lieu où ont été retrouvés les ossements d’Émile, disparu il y a neuf mois.

ENQUÊTE - Le mystère reste entier sur ce qu’il a pu arriver au petit Émile, dont une partie des ossements ont été retrouvés, neuf mois après sa disparition. Samedi 30 mars, une randonneuse a fait la macabre découverte à deux kilomètres du village du Haut-Vernet, où a disparu le petit garçon de deux ans et demi au mois de juillet dernier. Les recherches se poursuivent ce lundi 1er avril pour retrouver le reste de la dépouille et tenter de faire avancer l’enquête.

Disparition d’Émile : la découverte d’ossements du jeune garçon fait basculer l’enquête dans une nouvelle phase

Car seuls le crâne et les dents d’Émile ont été découverts dans cette zone située « entre le Haut-Vernet et le col du Labouret », au-dessus du hameau, a expliqué le maire du village François Balique à l’AFP. Un secteur inaccessible en voiture.

Pourtant cet endroit a été ratissé lors des recherches effectuées depuis la disparition. Au micro de RMC, le maire évoque en effet « un site relativement éloigné du hameau et peu fréquenté », des « lieux de chasse ». « Des troupeaux passent quelques fois et une coupe de bois y a été faite à l’été au sein d’une propriété communale. C’est un lieu désert, personne ne passe, il n’y a ni habitation ni construction », assure-t-il.

Les gendarmes sont-ils passés à côté du corps lors des recherches ?

Des dizaines de gendarmes, des volontaires, des équipes cynophiles, un hélicoptère et des drones avaient été déployés en juillet. Ont-ils pu passer à côté du corps du garçonnet ? « On a pu potentiellement ne pas déceler cette présence », a répondu sur BFMTV Marie-Laure Pezant, porte-parole de la Gendarmerie nationale. Elle n’exclut toutefois pas que les ossements aient pu être déplacés.

Le « fait qu’on aurait pu passer à côté, c’est une possibilité infime, mais qui existe. Rien n’indique que les ossements étaient présents au moment des recherches », a-t-elle souligné. En ajoutant : « Il ne faut pas oublier qu’on a pu déposer les ossements après. Cela peut être une intervention humaine, un animal ou des conditions météorologiques. »

Pour la porte-parole, qui dit explorer toutes les pistes, trouver ces ossements « ne présume pas d’une intervention extérieure », « cela peut être un accident d’Émile seul, une personne qui a causé un accident ou une personne mal intentionnée ».

« Un gros travail à faire sur les ossements »

Désormais, l’objectif des gendarmes, dont une trentaine sont mobilisés depuis dimanche sur le terrain, sera d’abord d’essayer de trouver de nouveaux éléments. Voire des preuves. Pour cela, le minuscule bourg de 25 habitants sera à nouveau coupé du monde, pendant toute la semaine, comme l’a décidé un arrêté municipal signé du maire.

« On peut avoir des éléments qui vont nous permettre d’orienter l’enquête, de fermer certaines portes et d’en ouvrir d’autres », a expliqué Marie-Laure Pezant à l’AFP. « Mais pour l’instant il y a un gros travail à faire sur les ossements ». Et cette tâche a été confiée à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), à Pontoise, en banlieue parisienne, qui va poursuivre « les analyses criminalistiques », a précisé le parquet d’Aix-en-Provence.

Avec la découverte de samedi, la thèse de la chute accidentelle mortelle regagne en tout cas en crédibilité, alors que l’hypothèse avait d’abord semblé s’étioler à la suite des multiples battues infructueuses menées ces derniers mois autour du hameau, à 1 200 mètres d’altitude, sur les flancs du massif des Trois-Evêchés.

Mise en situation et récits contradictoires

Le rebondissement dramatique de la découverte du corps est survenu deux jours après une « mise en situation », une sorte de reconstitution des faits effectuée pour la première fois depuis le lancement de l’enquête. Lors de celle-ci, 17 personnes avaient été convoquées, dont toutes celles présentes le jour de la disparition d’Émile, pour tenter de déterminer leurs faits et gestes dans les derniers instants avant sa disparition.

Quand il a disparu, le 8 juillet, Émile venait d’arriver pour l’été dans la résidence secondaire de ses grands-parents maternels, où la famille passe ses vacances depuis des années. Deux voisins affirment l’avoir vu, dans la rue principale du hameau, mais avec des récits contradictoires. Le petit garçon y avait été aperçu vers 17 h 15. Ses parents, des catholiques très croyants habitant La Bouilladisse, dans les Bouches-du-Rhône, n’étaient pas présents ce jour-là.

Eux qui avaient laissé l’enfant sous la responsabilité de son grand-père maternel, ont indiqué à l’AFP être « en deuil », après « cette nouvelle déchirante redoutée ». Et ils souhaitent maintenant que « les enquêteurs continuent leur travail dans le nécessaire secret de l’instruction, pour que puissent être découvertes les causes de la disparition et de la mort d’Émile ».

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