Mort de Brice Louge : son avocat estime que "la piste criminelle a été écartée trop rapidement"

Brice Louge a disparu en février dernier après avoir été surpris au lit avec sa patronne, par le fils de cette dernière. Cinq mois plus tard, son corps a été retrouvé dans un canal. L'enquête s'oriente vers un suicide, l'avocat de la famille estime que la piste criminelle a été écartée trop rapidement.

Le mystère qui a d'abord entouré sa disparition ne désépaissit pas depuis la découverte du corps de Brice Louge, cinq mois et demi plus tard. Le 2 août dernier, les gendarmes de la brigade fluviale franco-allemande découvrent, dans un canal près du village de Labarthe-Rivière au pied des Pyrénées, la voiture immergée du disparu, avec un cadavre à l'intérieur. Selon une information de La Dépêche, l'autopsie confirme que l'ouvrier agricole de 30 ans est mort par noyade.

Les résultats ne révèlent par ailleurs ni trace de blessure par balles, ni fracture, ni marque de coups ou de strangulation, souligne Le Parisien.

Des conclusions qui semblent écarter l'intervention d'un tiers et consolider la thèse du suicide ou de l'accident, largement privilégiée par les enquêteurs. À tort, selon les avocats de la famille de la victime, Mes Joris Morer et Camille Lauga.

"La piste criminelle a été écartée trop rapidement dans cette affaire", estime Me Morer auprès de BFMTV.com.

Éléments troublants

Le soir de sa disparition, le 19 février, Brice Louge passe la soirée avec sa patronne, gérante de l'exploitation agricole dans laquelle il travaille comme "homme à tout faire" depuis une dizaine d'années. L'époux de cette femme est absent, parti pour le week-end dans la Loire. Dans la nuit, Brice est surpris au lit avec Nadine par le fils de cette dernière, Bastien. Il met Brice Louge à la porte, lui promettant d'être licencié pour cet affront. Le trentenaire rejoint sa voiture puis se volatilise.

Rapidement, une information judiciaire pour "disparition inquiétante" est ouverte et les fonds vaseux du canal du Camon, situé à quelques centaines de mètres de la maison de Nadine, sont sondés.

"Dans un premier temps, l'inspection ne donne rien, aucune trace de pneus sur les rives, et pas de voiture dans ce canal profond de 5 à 8 mètres et long de 7 kilomètres. Finalement, cinq mois et demi plus tard, la voiture apparaît. On peut se demander si elle n'a pas été placée là entre la première et la seconde campagne de fouilles... Mais le parquet préfère considérer que le matériel utilisé début août était plus sophistiqué qu'en février et que c'est ce qui a permis de repérer la voiture...", explique, dubitatif, Me Morer.

Par ailleurs, le corps de Brice Louge est retrouvé non pas au volant de sa Clio Campus mais sur la banquette arrière.

"On ne cherche pas à tout prix à prouver qu'il s'agit d'un crime, mais il y a des éléments qui posent questions. Or, là encore, le parquet l'écarte en expliquant que Brice a simplement pu essayer de sortir du véhicule par la vitre arrière", poursuit l'avocat des parties civiles.

"On veut avoir des certitudes"

Le conseil soulève d'autres éléments troublants: un mélange de sang retrouvé dans l'une des voitures des protagonistes. Une contre-expertise a été demandée par les avocats de la famille Louge pour obtenir plus d'informations sur ce "mélange", jugé à ce stade inexploitable. De nouvelles analyses ont également été réclamées sur les prélèvements effectués sous les ongles de Nadine et Bastien. De même, des traces ADN relevées sur la voiture de la victime doivent encore être expertisées, ainsi que son activité téléphonique.

"Son téléphone a cessé toute activité à 1h06 puis à arrêté de borner vers 2h30. Qu'a-t-il fait pendant 1h30 ? Ce délai semble étrange avant de prendre la décision de se suicider", estime Me Morer.

Malgré les zones d'ombre, certains éléments étayent la piste d'une "propulsion volontaire" de la voiture dans le canal par son conducteur, selon Le Parisien. Sur le véhicule, les gendarmes ont retrouvé la clé sur le contact et le levier de vitesse enclenché en première. Alors, la mort de Brice Louge résulte-t-elle d'un accident de la route, d'un suicide ou d'un crime sur fond de relation adultère ? "On veut avoir des certitudes sans qu'aucune hypothèse ne soit écartée trop vite", insiste Me Joris Morer.

Article original publié sur BFMTV.com

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