Mort de Breonna Taylor aux États-Unis: une ex-policière accusée va plaider coupable

Le portrait de Breonna Taylor, tuée par la police en mars, lors d'une manifestation contre le racisme, le 5 juin 2020 à Louisville - SPENCER PLATT © 2019 AFP
Le portrait de Breonna Taylor, tuée par la police en mars, lors d'une manifestation contre le racisme, le 5 juin 2020 à Louisville - SPENCER PLATT © 2019 AFP

Une ancienne policière accusée d'être impliquée dans la mort de Breonna Taylor, jeune femme noire de 26 ans, va plaider coupable lors du procès attendu ce mois-ci aux États-Unis, rapporte le Washington Post. L'Afro-Américaine est devenue un emblème du mouvement Black Lives Matter après avoir été tuée chez elle au cours d'une intervention policière en mars 2020.

L'ex membre des forces de l'ordre Kelly Goodlett a été libérée vendredi contre une caution de 10.000 dollars. Si elle est reconnue coupable, elle sera la première personne condamnée dans cette affaire qui a secoué les États-Unis et au-delà.

La mort de Breonna Taylor sous les tirs de policiers a été mise en lumière après la mort de George Floyd, Afro-Américain étouffé par un policier blanc en mai 2020, mobilisant les milieux antiracistes, suscitant des manifestations à travers le monde.

Jusqu'à 5 ans de prison et 250.000 dollars d'amende

Kelly Goodlett n'est pas accusée d'avoir participé directement à l'intervention de police survenue chez Breonna Taylor, mais d'avoir "falsifié" un mandat de perquisition permettant d'entrer chez la jeune femme. Et donc d'avoir rempli de façon mensongère un rapport pour couvrir ce faux. Elle encourt jusqu'à 5 ans de prison et 250.000 dollars d'amende.

Trois autres anciens policiers sont inculpés dans cette affaire: le sergent Kyle Meany et les anciens détectives Joshua Jaynes et Brett Hankison. Ils ont, pour leur part, tous l'intention de plaider "non coupable".

Deux d'entre eux sont accusés, comme Kelly Goodlett, d'avoir créé un faux mandat de perquisition, tandis que le troisième est accusé d'"usage excessif de la force". Kyle Meany est également soupçonné d'avoir menti aux enquêteurs. Tous trois encourent des peines de prison à perpétuité.

Une vague de mobilisation antiraciste

Seul Brett Hankinson a été inculpé en septembre 2020 par la justice, non pas en lien avec la mort de Breonna Taylor, mais pour avoir "mis en danger" son voisin en tirant au travers d'une cloison. Il a ensuite été acquitté en mars dernier.

La décision provoque alors la colère de nombreux militants antiracistes et membres de la communauté noire de Louisville, qui dénoncent une clémence injustifiée des procureurs et un racisme dans la police américaine.

La justice rétropédale ensuite et inculpe Brett Hankinson pour "usage excessif de la force". "Il a tiré dix coups de feu par une fenêtre et une porte-fenêtre couverte de rideaux occultant", justifie le ministre de la Justice.

Une vingtaine de tirs côté policier

Breonna Taylor est retrouvée morte à son domicile dans le Kentucky, le corps criblé de balles, le 13 mars 2020. Trois agents de police ont pénétré chez elle en pleine nuit dans le cadre d'une enquête pour trafic de stupéfiants concernant son ancien petit-ami, en réalité non présent sur les lieux.

Sur place, son nouveau compagnon Kenneth Walker, croyant avoir affaire à des cambrioleurs, tire un coup de feu avec une arme détenue légalement. Ce à quoi les policiers répliquent avec une salve d'une vingtaine de tirs.

Les policiers assurent ensuite avoir bénéficié d'un mandat dit "no knock" (sans frapper), leur permettant d'entrer sans avertissement chez Breonna Taylor. Ils affirment également avoir malgré tout prévenu de leur arrivée, ce que conteste Kenneth Walker.

La mairie de Louisville a versé 12 millions de dollars de dédommagement à la famille de Breonna Taylor en septembre 2020, en échange de l'abandon d'une plainte au civil.

Article original publié sur BFMTV.com