Montchalin, Castaner, Castex... Les prestigieux points de chute des anciens macronistes

Christophe Castaner et Amélie de Montchalin à Matignon le 6 novembre 2019 - CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
Christophe Castaner et Amélie de Montchalin à Matignon le 6 novembre 2019 - CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

L'une des dernières battues aux législatives qui était encore en recherche d'un poste. Amélie de Montchalin a été nommée ce mercredi en conseil des ministres au prestigieux poste d'ambassadrice auprès de l'Organisation de coopération et de développement international (OCDE).

Les nominations d'anciens ministres se sont multipliées ces dernières semaines, presque 6 mois après des législatives qui ont vu des piliers de la macronie être battus.

Des postes dans l'administration

À commencer par Jean Castex qui a été nommé PDG de la RATP. L'ancien locataire de Matignon avait fait savoir à la fin du quinquennat qu'il souhaitait faire "une pause" dans les colonnes du Parisien, ne souhaitant ni être député ou rempiler pour une nouvelle fonction ministérielle.

Moins d'un mois et demi après son départ du gouvernement, il est finalement nommé président de l'Agence de financement des infrastructures de transports de France, avant de démissionner pour diriger le réseau de transports franciliens.

Brigitte Bourguignon, l'ancienne ministre de la Santé, battue dans sa circonscription du Pas-de-Calais lors des dernières législatives, a intégré l'inspection générale des Affaires sociales.

Des arrivées dans le privé

Quelques jours plus tôt, l'ancien ministre de l'Intérieur et ex-patron des députés Renaissance, Christophe Castaner était nommé au poste de président du conseil d’administration de la Société concessionnaire française pour la construction et l’exploitation du tunnel routier sous le Mont-Blanc. Perdant aux législatives, il a également été nommé au Conseil de surveillance du port de Fos-Marseille, au grand dam d'une partie des dockers qui se sont mobilisés contre cette nomination.

Plusieurs autres figures du macronisme sont également passés dans le privé, à l'instar de l'ancien ministre des Transports. Jean-Baptiste Djebbari, a rejoint le conseil d'administration d'Hopium, une start-up de voitures de luxe à hydrogène.

Il avait également envisagé de rejoindre le géant de l'armateur CMA-CGM, avant d'être retoqué par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. L'organe en charge notamment de prévenir les conflits d'intérêts des anciens ministres avait pointé des "risques déontologiques substantiels".

Des réserves de la Haute autorité

"Pendant une durée de trois ans", tout ancien ministre "doit saisir la Haute Autorité afin qu’elle examine si les nouvelles activités privées qu’elle envisage d’exercer sont compatibles avec ses anciennes fonctions", peut-on lire sur le site de l'institution.

Elle "vérifie" alors "si l’activité envisagée pose des difficultés de nature pénale ou déontologique". "Lorsqu’elle identifie de telles difficultés, elle peut rendre un avis d’incompatibilité, qui empêche la personne d’exercer l’activité envisagée, ou de compatibilité avec réserves", y apprend-t-on encore.

Si l'organisation a donné son feu vert à Jean-Baptiste Djebbari avec "des réserves" pour son entrée à Hopium, le président de la Haute autorité avait regretté une "maladresse ou une indélicatesse de la société et peut-être du ministre". Il avait officialisé ce nouveau poste alors qu'il était encore en fonction au sein du gouvernement.

Des refus de la HATVP

Enfin, Julien Denormandie, a été recruté à la rentrée par Sweet, une start-up de conseil en réduction des émissions pour les entreprises. L'ancien ministre de l'Agriculture s'est vu émettre de fortes réserves de la part de la HATVP concernant son projet de lancer sa propre société de consulting.

"Une prudence toute particulière doit ainsi être observée par monsieur Denormandie dans le choix de ses clients ou des entreprises dans lesquelles il prendrait une participation, notamment si ces derniers appartiennent aux secteurs" dont il a eu la charge comme la Ville ou le Logement, a jugé l'institution.

Frédérique Vidal, qui a dirigé pendant plusieurs années l'Enseignement supérieur, n'avait pas pu rejoindre la Skema Business School, en raison d'une subvention accordée par son ministère.

Article original publié sur BFMTV.com