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Sur le Mont Everest, les grimpeurs devront redescendre leurs déjections avec eux désormais

Selon l’ONG locale Sagarmatha Pollution Control Committee, il y a environ trois tonnes d’excréments humains entre le camp 1, au pied de l’Everest, et le camp 4, le dernier avant le sommet.
ANG TASHI SHERPA / AFP Selon l’ONG locale Sagarmatha Pollution Control Committee, il y a environ trois tonnes d’excréments humains entre le camp 1, au pied de l’Everest, et le camp 4, le dernier avant le sommet.

INSOLITE - « Une pioche et un sac de crottes ». Les victorieux grimpeurs de l’Everest, le plus haut sommet du monde, descendront désormais avec leurs excréments dans leurs sacs. La municipalité de Pasang Lhamu, qui couvre la majeure partie de la région de l’Everest, a officiellement interdit de déféquer sur la très célèbre montagne. Les alpinistes devront désormais ramasser leurs crottes et les transporter dand de petits sacs dédiés.

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« Nos montagnes commencent à sentir mauvais », a expliqué à la BBC Mingma Sherpa, président de la municipalité de Pasang Lhamu. « Nous recevons des plaintes selon lesquelles des selles humaines sont visibles sur les rochers et certains alpinistes tombent malades. C’est inacceptable et cela nuit à notre image », poursuit-il.

Et pour cause : en raison des températures extrêmes, les excréments laissés sur l’Everest ne se dégradent pas complètement. Au camp de base où les alpinistes s’acclimatent à l’altitude des tentes séparées servent de toilettes, mais lorsque l’on monte jusqu’au sommet, il faut faire ses besoins en plein air. Il est habituellement conseillé d’enterrer ses excréments, mais à certains endroits, très rocheux et peu enneigés, c’est impossible.

8 000 sacs à déjections commandés pour la prochaine saison

Selon l’ONG Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC), il y a environ trois tonnes d’excréments humains entre le camp 1, au pied de l’Everest, et le camp 4, le dernier avant le sommet. « La moitié de trois tonnes se trouverait au col sud, également connu sous le nom de camp quatre », précise à la BBC Chhiring Sherpa, directeur de l’association.

Ce col Sud a une réputation de « toilettes à ciel ouvert », renchérit Stephan Keck, guide de montagne international qui organise des expéditions sur l’Everest. « Il n’y a pratiquement pas de glace ni de neige, si bien que vous verrez des selles humaines tout autour », décrit-il.

Avec l’aval de la municipalité de Pasang Lhamu, la SPCC a commandé environ 8 000 sacs à déjections aux États-Unis. Il s’agit de modèles spécifiques, qui contiennent des produits chimiques et des poudres qui solidifient les excréments humains et les rendent pratiquement inodores. Ils seront distribués aux alpinistes dès l’ouverture de la prochaine saison, au mois de mars. Ce projet expérimental pourrait ensuite être étendu aux montagnes voisines.

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