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"Tout le monde est très énervé": Pradié agace les LR avec son opposition à la réforme des retraites

Aurélien Pradié, candidat à la présidence des Républicains, lors d'un grand oral au siège du parti, le 26 novembre 2022 à Paris - Geoffroy VAN DER HASSELT © 2019 AFP
Aurélien Pradié, candidat à la présidence des Républicains, lors d'un grand oral au siège du parti, le 26 novembre 2022 à Paris - Geoffroy VAN DER HASSELT © 2019 AFP

Une opposition à la réforme des retraites qui commence à agacer son propre camp. Aurélien Pradié qui multiplie les sorties contre le gouvernement est désormais dans le viseur des Républicains.

"Tout le monde est très énervé par lui", évoque ainsi l'un des dirigeants de la droite, à la sortie du comité stratégique des Républicains ce mardi, auprès de BFMTV.

"Du suicide"

Il faut dire que le numéro 3 du parti dit non à tout compromis avec l'exécutif tant que son amendement, qui vise à permettre aux personnes qui ont commencé à travailler entre 20 et 21 ans à partir à 63 ans, ne sera pas adopté.

On est pourtant très loin de la position des élus du parti. Olivier Marleix, le patron des députés LR, tout comme Bruno Retailleau, le chef des sénateurs de droite souhaitent votent le recul de l'âge de départ à la retraite.

Son positionnement "est du suicide". "Je n'y participerai pas", a même tweeté le numéro 1 de la droite au Palais du Luxembourg, alors qu'Aurélien Pradié venait d'appeler "ses amis" au "courage politique".

"Sa position nous rend difficilement audible"

Plusieurs proches du trentenaire, qui estime avoir gagné en épaisseur médiatique depuis sa candidature à la présidence de la droite en décembre dernier, partagent sa position.

Parmi ceux-ci, on compte par exemple Pierre-Henri Dumont ou encore Raphaël Schellenberger. De quoi brouiller la ligne des Républicains alors que le programme de Valérie Pécresse pendant la présidentielle proposait un départ à la retraite à 65 ans.

"Sa position sur les retraites nous rend difficilement audibles, et nous lui avons fait remarquer", avance encore un autre membre des LR.

"Il est celui qu'on entend le plus"

Aurélien Pradié a cependant tenté ce mardi matin de se défendre lors du comité stratégique de la rue de Vaugirard. Se disant mal compris, le député a assuré tenir à l’impossibilité pour ceux ayant débuté avant 20 ans, de devoir travailler plus de 43 ans. Tout en précisant qu'il n'avait franchi aucune ligne rouge et qu'il ne jugeait pas avoir fait acte de déloyauté vis-à-vis de son mouvement.

C'est que le trentenaire n'est pas le seul à regarder avec méfiance la réforme des retraites. Xavier Bertrand a ainsi fait savoir son opposition à la retraite à 64 ans. Entre 10 et 15 députés devraient d'ailleurs voter ou s'abstenir sur le texte.

"C'est juste, mais il est celui qu'on entend le plus", remarque l'une des participantes à la réunion.

Des proches de Wauquiez en service minimum

Si c'est bien le député qui concentre les critiques en multipliant les plateaux de télévision pour dire son désaccord avec Élisabeth Borne, d'autres s'interrogent sur la franche opposition de plusieurs proches de Laurent Wauquiez. Sans s'y opposer, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes juge le recul de l'âge de départ à la retraite imparfait.

"Éric Ciotti ne peut qu’être lucide sur le fait qu'il ne l'aide pas trop en ce moment alors qu'il lui suffirait de demander à ses députés de s'aligner", remarque ainsi l'un des proches d'Aurélien Pradié.

L'un des arguments de campagne du nouveau président des LR était pourtant de le faire désigner rapidement comme candidat à la présidentielle s'il était élu. Preuve de la volonté d'aplanir la situation: les deux hommes ont dîné ensemble ce lundi soir.

Une voiture pour deux

Plus largement, beaucoup espèrent que les députés de droite qui se disent opposés au texte finiront finalement par le voter.

"Les positions sur les motions lundi l'ont montré, il y aura moins de LR qui s'opposeront à la fin qu'on ne le dit", se rassure ainsi la députée Michèle Tabarot, très proche d’Éric Ciotti.

Seuls 2 élus LR ont apporté leur voix à la motion de rejet du texte déposée par La France insoumise sur 61 députés ce lundi soir. Signe que le nouveau patron de la droite veut arrondir les angles avec les LR frileux face à la réforme des retraites: Éric Ciotti et Aurélien Pradié ont ostensiblement quitté le siège du parti, après la réunion de mardi matin, dans le même véhicule.

Article original publié sur BFMTV.com