"Miss France" et le droit du travail: décision aux prud'hommes le 8 novembre

Les candidates au concours Miss France doivent-elles avoir un contrat de travail? La justice se prononcera le 8 novembre sur cette question, soulevée mardi devant le conseil de prud'hommes de Bobigny par une association féministe.

"Osez le féminisme" soutient que les candidates à l'élection de la reine de beauté devraient être liées aux producteurs du spectacle - la SAS Miss France et Endemol Production - par un contrat de travail, et ce dès les premières sélections régionales. Actuellement, cela n'est le cas que pour l'élection finale, au niveau national, et seulement depuis l'an dernier.

L'association soutient aussi que les critères de participation à ce spectacle sont discriminatoires au regard du droit du travail, car les candidates se voient notamment imposer de mesurer au moins 1,70 m, d'être célibataires et "représentatives de la beauté".

"On instrumentalise des jeunes femmes pour faire des profits, sans même les protéger avec un contrat de travail. Il faut que ça cesse", a plaidé Me Violaine de Filippis-Abate, l'avocate de l'association.

"Injonctions sexistes injustifiables"

Selon Osez le féminisme, l'élection de Miss France, diffusée chaque année en décembre sur TF1, véhicule des "injonctions sexistes injustifiables" et des "images rétrogrades de la femme-objet".

Aux côtés de l'association, trois femmes ont également saisi la justice, en arguant qu'elles ont dû renoncer à participer au concours en raison des clauses du concours qu'elles estiment "discriminatoires".

Un argument balayé par les organisateurs de l'événement: "Il ne peut y avoir de discrimination si on n'a même pas candidaté à un poste", a souligné leur avocate, Me Stéphanie Dumas.

Sur le fond, Endemol et la Société Miss France réfutent toute discrimination et affirment que les étapes du concours précédant l'élection nationale ne relèvent pas du code du travail car il ne s'agit pas d'un "recrutement à proprement parler", a ajouté Me Dumas.

Retrait de certaines clauses discriminatoires

Dans une interview au Figaro publiée mardi, la présidente de la Société Miss France, Alexia Laroche-Joubert, a par ailleurs indiqué qu'elle comptait modifier plusieurs critères de sélection des candidates, en supprimant notamment toute limite d'âge, ou l'obligation du célibat.

Les organisateurs sont "actuellement en train de vider (le) règlement de certaines clauses discriminatoires", a réagi devant les prud'hommes Me de Filippis-Abate, y voyant là un "aveu".

Pour la porte-parole de l'association, Alyssa Ahrabare, il s'agit d'un combat "essentiel". "On est prêtes pour la suite et, si notre demande est rejetée, on ne s'arrêtera pas là", a-t-elle assuré à l'AFP à l'issue de l'audience.

Article original publié sur BFMTV.com

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