Des milliers de personnes aux obsèques de Bondarenko en Biélorussie

par Matthias Williams
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DES MILLIERS DE PERSONNES AUX OBSÈQUES DE BONDARENKO EN BIÉLORUSSIE
DES MILLIERS DE PERSONNES AUX OBSÈQUES DE BONDARENKO EN BIÉLORUSSIE

par Matthias Williams

KIEV (Reuters) - Bras en l'air, fleurs à la main, des milliers de personnes ont entonné des chants devant une église de Minsk vendredi lors des obsèques de Roman Bondarenko, un manifestant biélorusse tué il y a huit jours lors d'une altercation avec la police.

Selon l'opposition, cet artiste de 31 ans, décédé à l'hôpital le 12 novembre, a été passé à tabac par les forces de sécurité. Le ministère de l'Intérieur a nié toute responsabilité dans l'incident.

La mort de Roman Bondarenko a été condamnée par l'Union européenne qui a annoncé jeudi de nouvelles sanctions dans les deux semaines contre des proches du président Alexandre Loukachenko, dont la réélection contestée le 9 août dernier a déclenché un mouvement de contestation inédit par son ampleur dans l'ancienne république soviétique.

Devant l'église, la foule en grande partie masquée a notamment scandé "Je sors, je vais faire un tour", derniers mots écrits par Roman Bondarenko avant sa mort, devenus un slogan des protestataires, et "Vive la Biélorussie".

Cette semaine, les autorités ont arrêté un infirmier qui a divulgué aux médias un rapport d'autopsie sur la mort de Roman Bondarenko, révélant qu'aucune trace d'alcool n'avait été trouvée dans son sang, alors que le gouvernement affirmait que le manifestant biélorusse aurait été ivre et serait mort dans une rixe.

Le bureau du procureur général a ouvert une enquête pénale contre l'infirmier, l'accusant d'avoir révélé des secrets médicaux, diffusé de fausses informations et alimenté les tensions dans la société. Le journaliste qui a publié le rapport en question a également été arrêté.

Les experts des droits de l'homme des Nations Unies se sont dits gravement préoccupés jeudi par la multiplication des rapports sur les détentions massives, les pratiques d'intimidation et de torture en Biélorussie.

(Version française Dagmarah Mackos, édité par Jean-Stéphane Brosse)