Mikhail Popkov, le pire tueur en série de l'histoire de la Russie, veut intégrer la milice Wagner

Pour l'heure, il a été condamné pour 78 meurtres de femmes mais en a avoué 83. Une chose est sûre, l'ancien policier Mikhail Popkov est l'un des assassins les plus effroyables que la Russie ait connu. Et dans l'espoir de recouvrer la liberté, cet homme condamné à la réclusion à perpétuité a formulé sa demande pour combattre avec le groupe Wagner en Ukraine.

On savait que le deal proposé dans les prisons russes par Evguéni Prigojine - six mois de combat en première ligne en Ukraine contre une libération automatique - pour regarnir les rangs de sa milice privée Wagner suscitait quelques vocations. Ce week-end, l'une d'entre elles a suscité un écho pour le moins inattendu.

Dimanche, Mikhail Popkov est en effet apparu sur la télévision d'Etat, et y a annoncé sa volonté de rejoindre l'escouade de mercenaires pour y combattre les Ukrainiens. L'homme est bien connu des Russes: il est sans doute le pire tueur en série de leur histoire.

Itinéraire d'un assassin

Mikhail Popkov est aujourd'hui âgé de 58 ans. Il est né dans la ville-usine de Norilsk, en Sibérie-Orientale, tristement célèbre pour avoir hébergé l'un des goulags les plus sinistres de la période stalinienne. Il met plus tard le cap à l'est de la Russie et devient policier à Irkoutsk. Mais le membre des forces de l'ordre se mue en prédateur. Expliquant plus tard ses crimes par sa détestation des "femmes frivoles" - comme l'a remarqué ici CNews -, il se sert de sa voiture de service pour emporter prostituées, clientes de bar ou promeneuses, vers des endroits isolés, les tuer, les mutiler et éventuellement les violer. Le tout sur une période courant de 1992 à son arrestation en 2012.

Mikhail Popkov a d'abord été condamné à une première peine de perpétuité pour 22 meurtres en 2015, puis à une seconde après qu'il en a avoué une cinquantaine d'autres. Reconnu comme l'auteur de 78 meurtres, il en a depuis concédé cinq supplémentaires, soit un terrible bilan de 83 victimes. Une hécatombe qui a poussé l'opinion à lui forger deux surnoms: "le loup-garou", et "le fou d'Angarsk". Et c'est donc à cet homme que la télévision d'Etat russe a tenu le crachoir dans sa prison située près du Kazakhstan dimanche afin qu'il y formule son souhait de rallier les rangs du groupe Wagner sur le front ukrainien.

Le meurtrier qui n'aimait pas le froid

Dans cette interview, relayée dans le tweet ci-dessous, Mikhail Popkov donne la réplique au journaliste derrière des barreaux. Il semble peiner à s'exprimer, et en passe à l'occasion, si on en juge par les sous-titres de la captation, par des réflexions et des tournures étranges. L'entretien commence avec cette vaste question: "Quel est votre rêve?" "M'enrôler dans l'armée", rétorque le détenu. Celui-ci enchaîne toutefois: "Si je dis que c'est mon désir, je ne serais pas tout à fait sincère. Après tout, c'est pas un jeu vidéo, c'est pas un roman, une histoire de super héros."

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Un moment de lucidité? De cynisme plutôt car il ajoute: "Mais en restant dans le vrai, et pour être honnête et objectif, si on me fait attendre encore pendant la période janvier-février, la période la plus froide - pour moi, le gel, y a pas pire - là je signe tout de suite." "C'est juste qu'à sortir d'une tranchée froide pour entrer dans une pièce chaude, combien de temps on peut tenir?", lance-t-il.

L'échec de la politique de recrutement de Wagner

Sans qu'on sache bien s'il fait référence à sa carrière de policier ou d'assassin - ou aux deux -, Mikhaïl Popkov avance encore: "Et si je pense à mon profil militaire, je crois que c'est recherché en ce moment." "Bien sûr, les techniques sont un peu plus modernes, ces temps-ci - les ondes radio et tout - mais même si je suis en prison depuis dix ans, je ne pense pas avoir trop de mal à m'y remettre", croit-il bon d'affirmer.

Reste à savoir si la Russie et le groupe Wagner sont à ce point aux abois pour accéder à la candidature du tueur en série. La campagne de recrutement orchestrée par Wagner dans les geôles de la fédération de Russie est de toutes façons un cuisant échec. D'après les chiffres dévoilés par la présidence ukrainienne, et relevés lundi par TF1, sur les 38.000 soldats de provenance carcérale déployés sur le front par la milice d'Evguéni Prigojine, 29.000 sont déjà hors de combat.

Article original publié sur BFMTV.com

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