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Mexique: des manifestants défoncent la porte du palais présidentiel à Mexico

Plusieurs dizaines de manifestants ont fait tomber la porte du palais présidentiel à Mexico, la capitale du Mexique, ce mercredi 6 mars, selon des images diffusées par la télévision mexicaine Mileno. Le président mexicain Andrés Manuel López Obrador tenait une conférence de presse dans le palais lorsque l'attaque a eu lieu.

Sur les images de la chaîne, on voit les manifestants utiliser une camionnette pour enfoncer la porte avant que certains d'entre eux, le visage masqué, ne pénètrent dans le palais présidentiel.

Selon le journal local El Universal, des policiers militaires, chargés de la sécurité du pouvoir exécutif, ont fait usage de gaz et d'équipements antiémeutes pour les disperser.

Un "crime d'État" source de la colère des manifestants

Les dizaines de personnes visibles sur les images protestaient contre le manque de prise en compte de l'enlèvement et la disparition en 2014 de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa.

À la suite de l'attaque, Andrés Manuel López Obrador a dénoncé une "attitude politique, très conflictuelle à notre encontre" et relevant de la "provocation". Il a indiqué qu'il ne rencontrerait pas les contestataires, déléguant une éventuelle rencontre au sous-secrétaire à l'Intérieur. "Ce qui m'importe, c'est de retrouver ces jeunes", a-t-il assuré.

Des forces de l'ordre impliquées dans la disparition

En 2022, la justice mexicaine avait ordonné l'arrestation de l'ancien procureur général du pays ainsi que de 64 policiers et militaires pour cette disparition, après la publication d'un rapport d'une commission officielle qui a qualifié cette affaire de "crime d'État".

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, un groupe d'étudiants de l'école de formation des maîtres d'école d'Ayotzinapa, dans l'Etat méridional de Guerrero, s'était rendu jusqu'à la ville proche d'Iguala pour "réquisitionner" des autobus afin d'aller à Mexico pour une manifestation.

Selon l'enquête, 43 jeunes ont été arrêtés par la police locale en collusion avec le cartel de narcotrafiquants Guerreros Unidos, puis ont été tués par balles et brûlés dans une décharge pour des raisons qui restent obscures. Seuls les restes de trois d'entre eux ont pu être identifiés.

À l'arrivé au pouvoir d'Andrés Manuel López Obrador en 2019, les investigations avaient été relancées après des soupçons de dissimulation des éléments incriminants par la justice, accusée de collusion avec le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir pendant 71 ans avant l'élection de 2019.

Article original publié sur BFMTV.com