Météo : comment expliquer la baisse soudaine des températures ?

Maxime Poul
·3 min de lecture
Alors que des records de chaleur ont été battus sur la partie nord de la France la semaine dernière, une vague de froid s'abat désormais sur le territoire.

Après les températures estivales de la semaine dernière et printanières de ce week-end de Pâques, le mercure a considérablement chuté en ce début de semaine, à tel point que des flocons de neige pourraient tomber en plaine. Comment expliquer ce grand écart des températures ?

Des températures estivales, printanières puis hivernales en l'espace de quelques jours. La semaine passée a été très ensoleillée mais surtout très chaude sur l'ensemble du territoire. 25 degrés à Paris, 27 degrés à Brest... Des records de températures ont été battus pour la période fin mars/début avril en France, plus particulièrement dans la moitié nord du pays où les températures étaient entre 10 et 15 degrés au-dessus des normales de saison.

Si les températures lors de ce week-end de Pâques sont revenues à la normale avec des températures printanières sur la majeure partie du pays, un retour de bâton arrive en ce début de semaine. Des températures hivernales sont en effet attendues dans les jours à venir, à tel point que des flocons de neige devraient tomber dans la nuit de lundi à mardi en plaine sur la partie nord de la France.

VIDÉO >> Une ambiance estivale en début de printemps

Un phénomène pas si rare

Des écarts de températures de près de 20 degrés qui s'expliquent par des phénomènes pourtant pas si rares, comme nous l'explique Claire Chanal, prévisionniste chez Météo France. "De manière générale, la circulation météorologique est pilotée par des grands centres d'action : des anticyclones et des dépressions. [La semaine dernière] on a eu une dépression du côté de Madère qui nous a envoyé de l'air chaud venant du sud, et maintenant c'est un anticyclone qui fait descendre une perturbation venue de l'extrême nord et qui fait donc descendre de l'air froid. Il s'agit d'un phénomène assez fréquent."

Pourtant, difficile de se souvenir d'écarts de températures si importants en un si court laps de temps, mais là encore Claire Chanal a une explication : "Même si cela se produit fréquemment, c'est vrai que les écarts de températures ne sont généralement pas si forts. Là ils sont extrêmes parce que cette masse d'air vient directement de l'Arctique, alors que d'habitude elle vient plutôt des îles britanniques ou de l'océan. Pareil pour les températures chaudes, à cette période la masse d'air est généralement moins chaude que celle qu'on a eu [la semaine dernière]."

Des situations similaires en 1989 et 2005

Des situations similaires avaient déjà été observées en 1989 et en 2005. Les températures étaient élevées à la fin du mois de mars avant de chuter très largement au début du mois d'avril, souligne la prévisionniste chez Météo France. "C'est déjà arrivé, mais c'est vrai qu'à ce point ça reste assez inhabituel", conclut-elle.

Concernant les semaines à venir, Claire Chanal nous avoue qu'aucune tendance ne se dégage concernant les prévisions saisonnières pour ce printemps 2021 : "Malheureusement il n'y a pas trop de scénario qui se dégage pour l'instant. ll est difficile de savoir si on va avoir un printemps sec, humide, pluvieux ou ensoleillé."

Ce contenu peut également vous intéresser :