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Menaces d’attentats par les ENT : un adolescent de 17 ans suspecté reconnaît les faits et éprouve des « remords »

Un adolescent de 17 ans interpellé dans l’affaire du piratage des ENT a avoué les faits. (Photo d’illustration)
LOIC VENANCE / AFP Un adolescent de 17 ans interpellé dans l’affaire du piratage des ENT a avoué les faits. (Photo d’illustration)

FAITS DIVERS - De premières explications après les menaces d’attentat terroriste reçu sur les messageries ENT. Un adolescent de 17 ans suspecté d’avoir envoyé des dizaines de messages de menace d’attentats contre des collèges et des lycées via la messagerie ENT a avoué les faits lors de sa garde à vue ce vendredi 29 mars. Il sera présenté ce samedi 30 mars à un juge d’instruction en vue d’une éventuelle mise en examen.

Face aux menaces d’attentats dans les lycées, la sécurisation des ENT pose question

« Son matériel informatique a été saisi et sera exploité par les services d’enquête », a déclaré ce vendredi en fin de journée la procureure de la République de Paris Laure Beccuau. Le parquet a requis le placement en détention du jeune homme, « scolarisé » et sans « antécédents judiciaire de même nature », a-t-elle indiqué.

« Il voulait faire son intéressant », « il trouvait ça amusant »

L’adolescent avait été interpellé ce jeudi à Malakoff, au sud de Paris, par l’OFAC (l’Office Anti-Cybercriminalité) et placé en garde à vue. Depuis le milieu de la semaine dernière, plus de 150 établissements scolaires situés dans vingt académies au total, ont été visés par des menaces d’attentat transmises via les ENT (Espaces numériques de travail), selon le ministère de l’Éducation nationale.

Le jeune a reconnu avoir piraté certains de ces ENT et envoyé des menaces accompagnées de vidéos de décapitation. « Il a voulu faire son ’intéressant’... Il exprime désormais des remords », indique auprès de BFMTV une source policière. Celle-ci précise par ailleurs que le jeune « n’est pas du tout radicalisé ni religieux ». Une source proche de l’enquête indique également auprès de France Info que cet adolescent n’avait « pas de motivation politique ou islamiste ».

Il a fait ça « pour le défi, car il trouvait ça amusant », précise-t-elle encore. À ce stade, « lui sont imputées une centaine de menaces à Paris, dans l’ouest de la France et dans les Hauts-de-France », indique enfin cette source.

Trois enquêtes en cours

La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris (J3) a ouvert trois procédures « portant sur les cyberattaques au préjudice des lycées franciliens, des collèges franciliens et d’autres établissements de l’ensemble du territoire », a rappelé dans son communiqué Laure Beccuau.

« Le parquet de Paris centralise désormais les attaques de même nature de ces derniers jours au préjudice de tous les ENT, pour lesquelles les parquets territorialement compétents sont invités à se dessaisir », a signalé la procureure. « Les premiers éléments d’enquête ayant permis des recoupements, les trois affaires sont aujourd’hui jointes et confiées à l’Ofac », a-t-elle précisé.

La ministre de l’Éducation Nicole Belloubet a annoncé jeudi la suspension des messageries des ENT. En déplacement à Bordeaux vendredi, elle a annoncé la création à la rentrée prochaine d’une « force mobile scolaire » nationale qui pourra être envoyée dans les établissements scolaires en cas de « difficultés ».

Un lycéen de 16 ans, suspecté d’être l’auteur de menaces contre l’établissement bordelais visité par la ministre, a été placé en garde à vue vendredi pour « menace de mort » et « apologie publique d’un acte de terrorisme », a indiqué le parquet.

En Alsace, un adolescent de 15 ans a été arrêté et placé sous contrôle judiciaire après avoir reconnu quatre fausses alertes à la bombe visant cette semaine deux collèges de Mulhouse (Haut-Rhin) et sa banlieue, selon une source policière.

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