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« La menace existentielle pour la France reste la désinformation », entretien avec l’ancien chef de la cyberdéfense militaire

Viginium, l’organisme français contre les ingérences numériques étrangères, publiait un rapport le 12 février 2024 sur des sites de désinformation russes destinés à « directement à polariser le débat public numérique francophone ». Assez pour avertir la population française ? « Difficile de lutter contre de telles manœuvres de manipulation », constate Arnaud Coustillière, vice-amiral d’escadre. Officier de haut-rang, il a participé à la création de la cyberdéfense française.

Dans son ouvrage, Un soldat de la cyberguerre (Éditions Tallandier) paru en février dernier, il décrit tour à tour le retard français, le lancement d’un corps militaire dédié à la défense du cyberespace et l’élaboration d’une doctrine offensive. Si la lutte dans le cyberespace sera intense pour les prochaines années, celle du champ informationnel paraît encore plus décisive.

L'Amiral Coustillière, ancien responsable de la cyberdéfense. // Source : Mélanie Roubin
L'Amiral Coustillière, ancien responsable de la cyberdéfense. // Source : Mélanie Roubin

L’Amiral Coustillière, ancien responsable de la cyberdéfense. // Source : Mélanie Roubin

Numerama : Vous avez été confronté à un premier grand front de la cyberguerre contre Daesh dès 2014. Est-ce que la bataille contre le terrorisme a concentré trop de force, au point d’oublier d’autres menaces ?

Arnaud Coustillière : La propagande de Daesh mettait en péril la vie des Français à l’époque. N’oublions pas que le contingent francophone était le deuxième plus important après l’arabophone au sein de l’État islamique, avec près de 3 000 soldats.

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Crédits photos de l'image de une : Les bots sont difficiles à décerner et propager la désinformation.. // Source : Numerama avec Midjourney