McKinsey au cœur d’une polémique en Allemagne, après la France

This photograph taken on April 12, 2022, shows a sign of US-based McKinsey & Company management consulting firm in Geneva. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)
FABRICE COFFRINI / AFP This photograph taken on April 12, 2022, shows a sign of US-based McKinsey & Company management consulting firm in Geneva. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)

INTERNATIONAL - McKinsey & Company accusé de double jeu. Le cabinet de conseil américain, déjà épinglé en France pour son implication dans les campagnes électorales d’Emmanuel Macron, est désormais soupçonné de conflit d’intérêts en Allemagne pour avoir travaillé en même temps avec le ministère allemand de la Défense et des entreprises russes.

C’est le quotidien Die Zeit qui a révélé cette affaire, reprise en français par Courrier International ce mardi 3 janvier. Entre 2016 et 2018, McKinsey aurait conseillé plusieurs entreprises dont Gazprom et des entreprises d’armement proches du Kremlin, comme Rostec, tout en travaillant en Allemagne pour le ministère de la Défense dirigé alors par Ursula von der Leyen, désormais présidente de la Commission européenne.

Le cabinet américain a plus particulièrement collaboré avec une task force allemande créée en 2014 qui visait à améliorer les hélicoptères de combat. Die Zeit précise que McKinsey aurait gagné 11,8 millions d’euros en travaillant sur ce projet. Il aurait aussi aidé sur un projet de drones européens.

McKinsey accusé à plusieurs reprises de conflits d’intérêts

« Rien n’indique que des informations protégées aient été divulguées », précise le quotidien allemand. Ce dernier a contacté le ministère allemand de la Défense, qui assure « ne pas avoir connaissance » de potentiels liens entre les différents bureaux du cabinet de conseil. McKinsey confirme de son côté que chaque activité est cloisonnée. Pour se défendre, il ajoute que les contrats avec les entreprises russes ne concernaient pas l’armement.

Ce n’est pas la première fois que McKinsey est accusé de conflit d’intérêts. En 2021, les médias américains ont révélé qu’il avait travaillé à la fois pour la FDA (administration qui autorise la mise sur le marché des médicaments aux États-Unis) et pour l’industrie pharmaceutique commercialisant des opioïdes. Après avoir nié les faits, la firme a payé plusieurs millions de dollars pour mettre fin à la procédure.

Rebelote au printemps dernier, lorsque la chaîne NBC a découvert que la firme avait conseillé à la fois la firme russe Rostec et le ministère de la Défense américain. Encore une fois, McKinsey a nié tout conflit d’intérêts. La guerre en Ukraine est depuis passée par là, et le cabinet de conseil a décidé de suspendre ses activités en Russie.

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