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Mayotte : la fin du droit du sol choque la gauche et réjouit la droite et l’extrême droite

POLITIQUE - Le constat est le même, mais les réponses sont différentes. Les oppositions ont réagi ce lundi 12 février à l’annonce de Gérald Darmanin de mettre fin au droit du sol à Mayotte, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article, mais elles sont divisées. Si la droite et l’extrême droite saluent une décision qui va dans le bon sens (et qui devrait même être étendue), la gauche fustige une mesure « démagogique » qui ne permet pas de résoudre la crise migratoire sur l’île.

Droit du sol à Mayotte : Les risques politiques pour le gouvernement derrière cette annonce incertaine

« C’est une bonne décision », estime Brice Hortefeux sur France info, appelant à « étendre cette réflexion à l’ensemble des Outre-mer » en citant notamment le cas de la Guyane et de la Martinique. Faut-il y mettre fin sur l’ensemble du territoire national ? « Je pense qu’il faut faire évoluer cette notion de droit, sol ou sang. Éric Ciotti, le président des Républicains, l’a dit très clairement et il a totalement raison », a répondu l’eurodéputé LR.

Une réponse qui ne diffère pas de celle de l’extrême droite. Jordan Bardella y voit « un bon début » : « Je suis favorable à ce que le droit du sol ne soit pas supprimé uniquement à Mayotte mais sur l’ensemble du territoire français », a plaidé sur France info le président du RN, bien que la situation du 101e département n’ait rien à voir avec celle de l’hexagone. « Ce qui est en train de se passer à Mayotte est précisément le futur de la métropole si on ne reprend pas dès maintenant le contrôle de notre pays », prédit-il toutefois.

Un droit du sol déjà plus dur

Boris Vallaud dénonce au contraire « une question migratoire abordée de la façon la plus démagogique qui soit et probablement la plus inefficace ». « Le droit du sol est déjà plus dur à Mayotte que dans le reste du territoire français, a rappelé le président du groupe socialiste à l’Assemblée au micro de France Inter, et ça n’a pas produit les effets escomptés ». Depuis 2018, pour qu’un enfant né à Mayotte soit français, il faut en effet que l’un de ses parents ait, au jour de sa naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois.

« Je crois que pour résoudre les problèmes de Mayotte, on n’a pas besoin de moins de République, on a besoin de plus de République et donc certainement pas le fait d’entamer le droit du sol qui est un des piliers fondamentaux de notre République » a également fustigé Manuel Bompard. Le coordinateur de la France insoumise a défendu d’autres solutions, comme l’investissement dans les services publics, la renégociation avec les Comores et l’accueil d’une partie des mineurs étrangers présents sur l’île dans l’hexagone.

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