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Matthieu Lartot, amputé, dénonce le prix exorbitant des prothèses et le manque d’accessibilité

Amputé de la jambe droite en juin dernier, le journaliste sportif Matthieu Lartot s’indigne dans une interview à Konbini du manque d’accessibilité de certains stades.

« Une injustice immense. » Le journaliste de France télévision Matthieu Lartot, amputé de la jambe droite en juin dernier, s’est insurgé contre le prix astronomique des prothèses fémorales dans une interview dévoilée par Konbini ce vendredi 1er septembre 2023.

Connu pour commenter les matchs de l’équipe de France de Rugby, il dénonce notamment le manque d’accessibilité de la ville de Paris et de certaines infrastructures sportives. « La sécurité sociale rembourse des prothèses qui coûtent entre 15 000 et 25 000 euros, ce qui est le pallier », détaille celui qui a subi cette amputation suite à un cancer du genou.

Il continue : « La plus sophistiquée coûte 100 000 euros. (...) Les gens qui peuvent accéder à ces prothèses sont souvent des gens qui ont été accidentés de la route, car il y a un tiers et une assurance. Et c’est tant mieux pour eux. »

Mais sans assurance pour prendre en charge les frais, il est presque impossible d’acheter les meilleures prothèses. Il dénonce : « Un jeune de quinze ans renversé en scooter par une voiture pourra y accéder. Mais pas celui qui a un ostéosarcome [le même cancer osseux qui l’a obligé à se faire amputer d’une jambe, ndlr]. » Cette récente tumeur est d’ailleurs une récidive d’un cancer qui l’avait touché à l’adolescence.

Inaccessibilité de la ville et des infrastructures sportives

Après l’étape de la rééducation, le retour à la vie active ne se fait pas non plus dans un cadre particulièrement bienveillant. Le journaliste dénonce des « trottoirs qui ne sont pas droits, des routes pavées à de nombreux endroits » ou encore « des accès aux transports en commun qui sont très très difficiles ». D’autant plus qu’il faut « déployer une énergie que les personnes valides ne peuvent même pas imaginer » pour marcher avec une prothèse.

Lui qui s’apprête à faire son retour à l’antenne pour la Coupe du monde de Rugby, qui débute vendredi 8 septembre, pointe également le manque d’accessibilité dans les infrastructures sportives. Si les stades du mondial de rugby sont « bien équipés pour recevoir les personnes à mobilité réduite ou les personnes handicapées », « ça ne sera pas toujours le cas. Le monde du sport, et pas que du rugby, va devoir se mobiliser pour changer un peu les infrastructures et rénover certains stades pour mieux accueillir les gens », continue-t-il.

Matthieu Lartot donne d’ailleurs rendez-vous aux téléspectateurs le 10 septembre prochain, pour son retour à l’antenne, lors du match opposant l’Afrique du Sud à l’Écosse.

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