Le Maroc condamne à son tour la publication de caricatures de Mahomet

Clarisse Martin avec AFP
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Le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita, le 16 octobre 2020, lors d'une visite de Gérald Darmanin à Rabat. - FADEL SENNA / AFP
Le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita, le 16 octobre 2020, lors d'une visite de Gérald Darmanin à Rabat. - FADEL SENNA / AFP

"Le royaume du Maroc condamne vigoureusement la poursuite de la publication de caricatures outrageuses à l'Islam et au prophète", a dénoncé le ministère des Affaires étrangères marocain dans un communiqué publié dimanche, sans citer nommément la France.

Le royaume chérifien juge qu'il s'agit d'"actes qui reflètent l'immaturité de leurs auteurs", estimant que "la liberté des uns s'arrête là où commence la liberté et les croyances des autres". Des propos relayés par le chef du gouvernement Saad Dine El Otmani sur Twitter.

"Autant qu'il condamne toutes les violences obscurantistes et barbares perpétrées au nom de l'islam, le royaume du Maroc s'élève contre ces provocations injurieuses des sacralités de la religion musulmane", poursuit le communiqué.

Le parti d'opposition Istiqlal (centre droit) et l'association Mouvement de l'unicité et de la réforme, aile religieuse du Parti de la Justice et du développement, ont également condamné ces publications.

Cette condamnation venue du Maroc s'ajoute à d'autres, venues notamment de pays arabes ou à majorité musulmane, comme en Turquie, en Iran et en Jordanie.

Rappel de l'ambassadeur de France en Turquie

"Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est: allez d'abord faire des examens de santé mentale", avait asséné Recep Tayyip Erdogan samedi lors d'un discours télévisé, au sujet d'Emmanuel Macron. "Quel problème a l'individu nommé Macron avec l'islam et avec les musulmans?", s'était également insurgé le président turc.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dénoncé de la part de la Turquie "une volonté d'attiser la haine" contre la France et son président Emmanuel Macron, soulignant que l'ambassadeur sera de retour à Paris "pour consultation", dès ce dimanche.

"À l'absence de toute marque officielle de condamnation ou de solidarité des autorités turques après l'attentat terroriste de Conflans-Sainte-Honorine, s'ajoutent désormais depuis quelques jours une propagande haineuse et calomnieuse contre la France", a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué.

Appels au boycott de produits français

Des appels au boycott de produits français ont également été lancés sur les réseaux sociaux au Qatar et au Koweït. En Israël, quelque 200 personnes ont manifesté samedi soir devant la résidence de l'ambassadeur de France après un rassemblement à Jaffa, ville en grande partie arabe jouxtant Tel-Aviv.

Mercredi, au cours de l'hommage rendu à Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie assassiné à Conflans-Sainte-Honorine pour avoir montré à l'occasion d'un cours sur la liberté d'expression des caricatures de Mahomet initialement publiées dans Charlie Hebdo, Emmanuel Macron avait promis de ne pas "renoncer aux caricatures" au nom de la liberté d'expression. Il y a trois semaines, dans un précédent discours, le chef de l'État avait dénoncé le "séparatisme islamiste".

Article original publié sur BFMTV.com