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Marine Le Pen renvoyée en correctionnelle dans l’affaire des assistants du FN

Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi 8 décembre le renvoi de Marine Le Pen en correctionnelle aux côtés de 26 autres personnes, anciens eurodéputés ou assistants parlementaires, dans l’affaire des emplois fictifs du Front national au Parlement européen.
LUDOVIC MARIN / AFP Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi 8 décembre le renvoi de Marine Le Pen en correctionnelle aux côtés de 26 autres personnes, anciens eurodéputés ou assistants parlementaires, dans l’affaire des emplois fictifs du Front national au Parlement européen.

POLITIQUE - Les élus du Front national au Parlement européen ont-ils rémunéré des assistants parlementaires à Bruxelles qui travaillaient en réalité pour le parti à Paris ? C’est ce que la justice sera amenée à trancher dans les prochains mois.

Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi 8 décembre que les juges d’instruction financiers ont ordonné le renvoi de Marine Le Pen en correctionnelle aux côtés de 26 autres personnes, anciens eurodéputés ou assistants parlementaires. Le Front national, en tant que personne morale, sera également sur le banc des prévenus, selon l’ordonnance de renvoi qui est toutefois susceptible d’appel.

Une première audience sur l’organisation du procès pour détournement de fonds publics et complicité est programmée le 27 mars 2024, avant des débats au fond qui auront lieu en octobre et novembre 2024, a précisé le parquet.

Plusieurs millions d’euros de préjudice

Les 27 prévenus sous soupçonnés d’avoir élaboré ce système de détournement de fonds publics européens entre 2004 et 2016. Parmi eux figurent, outre l’actuelle présidente du RN, son père Jean-Marie Le Pen, l’actuel maire de Perpignan Louis Aliot, l’ex-numéro 2 du parti Bruno Gollnisch, le vice-président exécutif de Reconquête ! Nicolas Bay, l’ex-trésorier Wallerand de Saint-Just ou encore le député du RN Julien Odoul. Douze anciens assistants parlementaires sont également renvoyés devant le tribunal.

L’enquête a débuté en mars 2015, lorsque le Parlement européen a annoncé avoir saisi l’office anti-fraude de l’UE d’éventuelles irrégularités commises par le Front national (rebaptisé RN depuis) concernant des salaires versés à des assistants parlementaires. Partie civile, le Parlement de Bruxelles a évalué en 2018 son préjudice à 6,8 millions d’euros pour les années 2009 à 2017.

Marine Le Pen a toujours contesté toute infraction dans ce dossier. « Cette décision n’est malheureusement pas une surprise », a réagi dans un communiqué Me Rodolphe Bosselut, avocat de l’ancienne candidate à la présidentielle. Marine Le Pen « n’a commis aucune infraction ni irrégularité », a affirmé de son côté le Rassemblement national.

« Nous contestons formellement les accusations formulées contre nos députés européens et assistants parlementaires », a ajouté le parti, assurant que le procès lui donnerait « enfin l’occasion » de se défendre sur le fond « et de faire valoir [ses] arguments de bon sens ».

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