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Marco Mouly, le « roi de l’arnaque », annonce partir en cavale dans une interview à Mediapart

Alors que la justice a ordonné la mise en détention du célèbre escroc, connu pour son rôle clé dans l’affaire des quotas carbone, ce dernier se félicite d’avoir déjà pris la fuite.

Le célèbre escroc Marco Mouly, photographié lors d’une séance de portraits à Paris, en mars 2022.
Eric Fougere - Corbis / Corbis via Getty Images Le célèbre escroc Marco Mouly, photographié lors d’une séance de portraits à Paris, en mars 2022.

FAITS DIVERS - « Jamais je retourne derrière les barreaux ! » Alors que la justice a réclamé son placement en détention pour une durée de 18 mois ce vendredi 8 mars, le célèbre escroc Marco Mouly a assuré auprès de Mediapart avoir déjà pris la fuite.

Celui qui est surnommé « le roi de l’arnaque » a ainsi décroché son téléphone pour appeler le journaliste Fabrice Arfi, auteur de plusieurs enquêtes dont celle publiée en 2018 sous le nom « D’argent et de sang », qui a justement révélé le rôle de Marco Mouly dans l’affaire des quotas carbone. Le livre et ses révélations ont ensuite été adaptés par Canal+ dans une série du même nom.

Ce n’est pourtant pas cette affaire qui conduit la justice à réclamer le retour en prison de l’escroc. Ce vendredi, la juge de l’application des peines a prononcé la révocation partielle de son sursis dans l’affaire du « Vendôme Trading ». Dans ce cas-ci, l’arnaqueur n’avait pas détourné des fonds européens dédiés au climat, mais ceux destinés à la TVA et remboursés par l’État danois, au moyen d’un montage d’entreprises douteux.

« Bah ouais, je défie la police… »

Pour cette arnaque à présent vieille de 25 ans, il avait été condamné en 2019 à trois ans de prison avec sursis, à condition de trouver un travail, de s’acquitter d’une amende de 15 000 euros au Trésor public et de se soumettre à des mesures d’examen psychologique, rappelle Mediapart. Mais Marco Mouly est loin d’avoir respecté ces conditions selon la juge.

Tout d’abord, il n’a pas respecté son obligation de trouver un emploi, estime la justice. L’homme âgé de la cinquantaine a prétexté un CDI en tant que community manger pour une société dénommée I-Trade. Un emploi qualifié de « fictif » dans le jugement. Plus encore, pour ce qui concerne son amende, Marco Mouly doit encore payer 11 500 euros et n’a donc pas versé plus d’un quart de la somme due.

« J’en veux à la société. Je me tiens à carreau et voilà qu’on me ressort une affaire de 1998 ! Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Bah ouais, je défie la police… », a-t-il déclaré à Mediapart après la décision de la juge. Il a ajouté être déjà dans la voiture « là-bas », sans que le journal puisse vérifier où il se trouvait et si cette information de cavale était réelle ou une nouvelle arnaque.

Pour autant, la veille du jugement, il avait déclaré qu’en cas d’annulation de son sursis ce serait la « cavale, le retour ». « Jamais je retourne en prison. Et avec moi, la cavale, c’est dans les grands hôtels et les palaces, t’as vu ! », avait-il lancé. Ce ne serait pas sa première expérience en la matière : lors de sa condamnation à huit ans de prison ferme dans l’affaire de l’escroquerie aux quotas carbone en 2016, il avait déjà pris la fuite avant d’être retrouvé en Suisse au bout de quelques mois.

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