Marcel Ravin refoulé du "Dîner des Grands Chefs", l'organisateur s'excuse

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GASTRONOMIE - ”Être invité et finir sur le trottoir (...) car refusé à l’entrée”. Le chef Marcel Ravin a fait part de “l’humiliation” ressentie après avoir été “refusé” à l’entrée du dîner des Grands Chefs qui s’est déroulé à Lyon le dimanche 26 septembre en présence d’Emmanuel Macron, en dépit de son invitation.

Sur les réseaux sociaux, le chef étoilé a publié plusieurs photos de la soirée organisée à l’hôtel Syrah de Lyon. On y voit Emmanuel Macron, d’autres confrères chefs, la salle de réception mais aussi le carton d’invitation de Marcel Ravin et une photo de lui, attablé seul et dans un décor complètement différent devant “une andouillette”.

Interrogé par l’AFP lundi soir, GL Events a évoqué “une erreur malencontreuse”. “On regrette cet incident évidemment involontaire de notre part, il n’y a rien d’orienté là-dedans”, a déclaré Luc Dubanchet, directeur des marques Sirha Food.

Selon lui, “a priori”, Ravin ne figurait pas sur les listes faute d’avoir répondu à son invitation. D’autres personnes étaient dans son cas dimanche soir, “pour lesquelles on a pu rattraper le coup car on a été prévenu”, a-t-il dit. “Mais là, on n’a pas été mis au courant, hélas”, a ajouté Dubanchet en présentant les excuses de GL Events à Ravin.

“Personne n’a rien voulu savoir”

“Je me suis présenté à l’entrée avec mon carton d’invitation officiel, j’étais très fier. Être invité était pour moi une reconnaissance. On m’a alors expliqué que je ne figurais pas sur la liste des invités. J’ai montré mes papiers d’identité, des coups de fil ont été passés mais personne n’a rien voulu savoir”, a expliqué Marcel Ravin plus tôt au journal Monaco-Matin, ville où se trouve son restaurant.

Le chef explique avoir patienté une heure et demie “en espérant que les choses allaient se débloquer”. En vain. ″À côté de moi, j’ai vu des gens entrer sans aucun carton d’invitation écrit, alors que moi on me demandait des papiers. C’était rageant, humiliant”, ajoute-t-il.

Son message, extrêmement relayé, lui a valu une vague de soutien mais aussi d’indignation, y compris de la part du président de la Collectivité Martinique (CTM) Serge Letchimy. Il s’agit d’un “acte inacceptable qui soulève de nombreuses questions sur le pourquoi de ce refus”, a écrit l’élu martiniquais dans un message diffusé sur Twitter. Sans accuser directement les organisateurs de racisme, le président du Conseil exécutif de l’île a dit attendre les explications de leur part: “Dans le cas contraire, nous serons dans l’obligation de tirer les conclusions qui s’imposent”, ajoute-t-il.

″À la limite d’un certain mépris”

Marcel Ravin a lui aussi déclaré ne pas vouloir “parler de racisme”, mais il a dénoncé un “manque de fraternité” et une situation ”à la limite d’un certain mépris”.

“Oui je parle de ma différence, celle de mon histoire avec tout ce qu’elle comporte. (...) Je suis martiniquais français, noir, je suis chef étoilé et je ne suis l’élève d’aucun grand chef ou système. J’ai donc eu à me battre pour ma passion et je continuerai”, a écrit le chef étoilé dans une deuxième publication sur Facebook. “J’ai le droit d’assimiler une énième épreuve à mon parcours, j’ai le droit de l’ajouter à celles déjà surmontées. Ça dérange certains, met mal à l’aise d’autres mais pourquoi devrais-je me taire de peur qu’on fasse le lien avec ma couleur de peau? (...) Je n’incrimine quiconque personnellement, je déplore un manque de fraternité”, a-t-il poursuivi dans “l’espoir que notre profession se fédère et qu’aucun chef reconnu pas ses pairs, ne soit plus jamais laissé sur le pas de la porte.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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