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Le manque de nourriture au début de la vie laisse une trace dans l'ADN des babouins

Comme chez les humains, les babouins peuvent être affectés jusque sur leur ADN par une période traumatisante vécue au début de la vie.

Un début de vie difficile peut-il laisser sa trace jusque dans l'ADN d'un individu ? Une nouvelle étude menée sur des babouins et pilotée par l'Université Duke (Etats-Unis) et l'institut Max Planck (Allemagne) montre que "les premières expériences peuvent être biologiquement ancrées dans le génome des animaux sauvages".

Une intégration biologique

Chez l'être humain, des expériences difficiles lors de l'enfance induisent un risque de maladies plus élevé et des années de vie en moins, plusieurs décennies après les événements traumatisants. Un raccourcissement de l'expérience de vie que l'on retrouve chez d'autres espèces, notamment chez les babouins.

Ainsi, les environnements difficiles où a vécu un animal peuvent façonner ses caractéristiques, même si les conditions se sont améliorées ensuite. "Ces observations s'expliquent probablement, au moins en partie, par le processus d''intégration biologique', qui postule que les différences dans l'expérience de vie produisent des états biologiques stables et systématiquement différents qui ont la capacité d'influencer la physiologie, la fertilité ou la survie", souligne l'étude, publiée le 5 mars 2024 dans PNAS. Comment se réalise cette intégration biologique ?

Répondre à une telle question grâce à une étude de terrain est difficile, mais les chercheurs ont quand même tenté le coup. Ils ont ciblé une population de 256 babouins sauvages évoluant au Kenya, scrutant leur ADN, et épluchant 50 ans de données écologiques et comportementales. Les critères d'un début de vie difficile comprenait par exemple une sécheresse au cours de la première année de vie ou encore la mort de la mère avant l'indépendance.

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