Manifestations pour les "détenus politiques" devant les prisons du Venezuela

Plusieurs centaines de manifestants de l'opposition vénézuélienne ont tenté vendredi de marcher en direction de la prison de Los Teques où est détenu l'opposant Leopoldo Lopez, arrêté il y a plus de trois ans. /Photo prise le 28 avril 2017/REUTERS/Marco Bello

LOS TEQUES, Venezuela (Reuters) - Plusieurs centaines de manifestants de l'opposition vénézuélienne ont tenté vendredi de marcher en direction de la prison de Los Teques où est détenu l'opposant Leopoldo Lopez, arrêté il y a plus de trois ans.

Les forces de sécurité ont bloqué l'accès au pénitencier, situé à une heure de voiture au sud-ouest de la capitale, Caracas. "Non à la dictature", pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants qui ont scandé le prénom de l'opposant.

Leopoldo Lopez est détenu depuis les troubles de 2014 qui ont fait une quarantaine de morts. Il a été condamné à 14 ans de prison pour incitation à la violence.

Ses partisans présentent le dirigeant du parti Volonté populaire, de même qu'une centaine d'autres détenus, comme des prisonniers politiques et estiment que leur sort illustre la "dérive dictatoriale" du président socialiste Nicolas Maduro.

"Ceci démontre une fois de plus la peur de la rue de Nicolas Maduro", a déclaré le député Juan Mejia, élu sous l'étiquette Voluntad Popular, désignant le cordon de sécurité établi par les forces de l'ordre sur la voie d'accès au pénitencier de Ramo Verde.

Le Venezuela a de nouveau basculé dans la crise depuis que la Cour suprême, proche de Maduro, s'est temporairement arrogée, fin mars, les prérogatives de l'Assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire.

Les violences qui ont suivi ont fait au moins 29 morts.

Des partisans et sympathisants de l'opposition se sont rassemblés vendredi devant d'autres prisons du pays, notamment devant le siège du Sebin, le Service bolivarien du renseignement national, à Caracas.

"Nous nous trouvons face à l'une des prisons emblématiques de la dictature où sont détenus des dizaines de prisonniers politiques, face à l'un des plus grands centres de torture du territoire", a dénoncé le député Gaby Arellano.

Le gouvernement, qui récuse le statut de prisonnier politique, accuse également l'opposition de fabriquer de toutes pièces des récits de torture pour faire basculer l'opinion internationale et préparer le terrain à une intervention étrangère.

(Girish Gupta; Henri-Pierre André pour le service français)

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