Manifestations en Iran : «c'est l'explosion des frustrations»

Libération.fr
Une manifestante iranienne à Téhéran, le 30 décembre 2017.

Depuis jeudi, les rassemblements se multiplient dans de nombreuses villes de la République islamique et dépassent le mot d'ordre initial contre la situation économique.

Ils étaient quelques centaines dans une ville jeudi et sont désormais des milliers dans tout le pays. En trois jours, les manifestations ont pris en Iran une ampleur inédite depuis le mouvement de 2009 contre la réélection du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Sur les réseaux sociaux, de très nombreuses vidéos circulent montrant des rassemblements à travers tout le pays, dans les petites comme dans les grandes villes, dans le centre comme dans la périphérie qui abrite les minorités ethniques. A Téhéran samedi, la police a dispersé des dizaines d’étudiants, selon l’AFP, devant les grilles de l’université. D’autres affrontements ont éclaté plus tard dans la journée dans d’autres points de la capitale.

«Ce n’est ni une révolution ni un mouvement politique, mais plutôt l’explosion des frustrations sur la stagnation politique et économique que la population iranienne avait refoulées» commente Ali Vaezi, de l’International Crisis Group. A Mahshad, jeudi, le mot d’ordre de cette première manifestation était essentiellement économique, contre la vie chère et le chômage. Trois décisions récentes nourrissent ce mécontentement, relève Clément Therme, chercheur à l’IISS (International Institute for Strategic Studies). Le gouvernement a décidé de fermer plusieurs établissements de crédits qui croulaient sous les dettes. La deuxième ville du pays, Mashhad, a été particulièrement touchée par la fermeture de l’une de ces banques, Mazan. «Les Iraniens ont eu le sentiment d’avoir été volés par l’Etat. Sous Ahmadinejad, le gouvernement sauvait coûte que coûte ces établissements «pourris»», précise Clément Therme. Plus prosaïquement, le prix des œufs et de la volaille a de nouveau augmenté en décembre, atteignant une hausse de 50% en un an, selon les chiffres de la banque centrale iranienne.

Le (...)

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