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"Je refuse d'envoyer des CRS sur des gens qui travaillent" : ces manifestations où Gérald Darmanin a pourtant envoyé des CRS sur "des gens qui travaillent"

Le ministre de l'Intérieur se défend de sa gestion de maintien de l'ordre sur la crise des agriculteurs. Un argument qui ne pèse pas lourd au regard du passé.

Des CRS mobilisés en mars 2023 à proximité de la raffinerie de Gronfreville, durant les protestations contre la réforme des retraites. (Photo by LOU BENOIST / AFP)
Des CRS mobilisés en mars 2023 à proximité de la raffinerie de Gronfreville, durant les protestations contre la réforme des retraites. (Photo by LOU BENOIST / AFP)

On "ne répond pas à la souffrance en envoyant les CRS", défendait Gérald Darmanin le 25 janvier sur TF1, avant de varier légèrement d'argument ce mercredi matin en évoquant son refus "d'envoyer des CRS sur des gens qui travaillent" sur Telématin, à condition qu'ils ne franchissent pas les lignes rouges fixées.

Une doctrine qui a pourtant été transgressée plusieurs fois par le passé depuis que Gérald Darmanin a été nommé ministre de l'Intérieur, le 6 juillet 2020.

L'exemple des mobilisations durant la réforme des retraites

Contrairement à ce que relèvent plusieurs internautes Gérald Darmanin n'était pas en poste lors des principales manifestation des gilets jaunes, ou de celles des pompiers, où des heurts marquants avec les forces de l'ordre avaient éclaté.

Mais pour autant, à plusieurs reprises depuis son entrée en fonctions, les forces de l'ordre ont été envoyées sur "des gens qui travaillent" ou face à une souffrance exprimée. L'exemple le plus flagrant est celui lors de la la réforme des retraites du printemps 2023, où de nombreux incidents ont éclaté entre manifestants et force de l'ordre au point que le Conseil de l'Europe s'alarme d'un "usage excessif de la force" lors des manifestations. Un cheminot avait notamment perdu un oeil en manifestation à Paris. Une AESH avait pour sa part eu le pouce arraché à Rouen.

Des points de blocage évacués par les CRS

Un recours aux CRS qui avait été remarqué hors manifestation. À Marseille par exemple, les CRS avaient été envoyés pour débloquer un dépôt, bloqué par des éboueurs, donc des travailleurs. Des affrontements avaient également éclaté devant des dépôts pétroliers.

L'exemple des tentes de migrants éventrées

Autre exemple qui a marqué les esprits, des tentes arrachées, des affaires confisquées et aspergées de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre sur des campements de migrants, des personnes en souffrance donc, à Paris, mais aussi à Calais.

À plusieurs reprises également, les forces de l'ordre ont été envoyées face à des cheminots qui manifestaient, comme en septembre dernier à La Défense lors d'une manifestation dans une tour du ministère de l'Écologie.

VIDÉO - Manifestation des agriculteurs : « On ne répond pas à la souffrance en envoyant des CRS »