Non, les mammouths laineux ne vont pas sauver la Terre du réchauffement climatique

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Une entreprise nouvellement créée promet de réintroduire des mammouths laineux dans la toundra pour inverser le changement climatique. Une quête scientifiquement incertaine et éthiquement condamnable.

Réintroduire des troupeaux de mammouths laineux dans la toundra pour "stopper voire inverser les effets du réchauffement climatique", c'est la promesse de l'entreprise américaine , lancée ce lundi 13 septembre 2021. À sa tête, un entrepreneur, Ben Lamm, et un généticien George Church. Ce dernier a une marotte depuis quelques années : rendre vie au mammouth laineux, un animal emblématique de la dernière ère glaciaire dont les derniers représentants ont disparu il y a environ 4000 ans sur , au large de la Sibérie. Ce projet de "de-extinction" a réussi à lever quelques 15 millions de dollars de la part d'entrepreneurs privés, les dindons d'une farce génétique ?

Pas un vrai mammouth

En effet, pour l'heure la science n'a aucunement les moyens de faire renaître une espèce disparue. Il faudrait pour cela disposer d'éléments biologiques qui incluent beaucoup plus que de l'ADN sec récupéré sur des fossiles, par exemple des ovocytes qui pourraient être fécondés. Mais pour les mammouths ces éléments sont définitivement perdus. D'ailleurs, très vite lorsqu'on explore le site de Colossal, l'entreprise ne parle plus de mammouths laineux mais d'un "éléphant résistant au froid". Car l'objectif de la biotech est bien "d'insérer des séquences d'ADN de mammouth laineux,dans le génome d'éléphants d'Asie, afin de créer une espèce hybride". Ni éléphant ni mammouth, une chimère qui serait rendue plus résistante aux basses températures parce que dotée de quelques caractéristiques propres au mammouth : poils longs, oreilles plus petites pour diminuer la déperdition de chaleur et une bonne couche de graisse protectrice sous l'épiderme.

Certains éléments de cette stratégie sont scientifiquement envisageables. D'abord, le choix de l'éléphant d'Asie semble logique puisque les deux espèces sont étroitement liées et qu'ils ont un ADN similaire à 99,6% selon Colossal. Des éléments permettent d'envisager le succès d'une procédure in vitro : premièrement, les scientifiques sont parvenus dès 2008 à r[...]

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