Publicité

La Maison Blanche demande des excuses à Mike Pence pour des blagues jugées homophobes

La Maison Blanche demande des excuses à Mike Pence pour des blagues jugées homophobes
Mike Pence en 2022.  - Ryan M. Kelly
Mike Pence en 2022. - Ryan M. Kelly

Durant le temps de sa vice-présidence sous Donald Trump, Mike Pence était plus connu pour sa discrétion que pour son humour. Et il y a peut-être quelques raisons à ça à en juger par les blagues qu'il a osées samedi à l'encontre du secrétaire d'Etat aux Transports, Pete Buttigieg, lors d'une mondanité organisée à Washington.

Des plaisanteries considérées à la fois comme homophobes et sexistes par la Maison Blanche. L'une de ses porte-paroles a d'ailleurs demandé à Mike Pence de présenter ses excuses lundi. En vain.

Les amabilités de Mike Pence pour son "vieil ami"

L'événement, rapporté par CNN, s'est déroulé samedi dernier, au dîner annuel du Gridiron Club. La soirée est analogue au dîner des correspondants, tenu dans la même ville et peut-être mieux connu à l'international. En bref, il s'agit de rassembler les sommités du journalisme et de la classe dirigeante autour de quelques tables. Les personnalités politiques se succèdent alors sur scène et se doivent de faire rire leur public, avec plus ou moins de succès.

C'est dans ce contexte - entre deux tacles à Joe Biden et même quelques commentaires peu amènes au sujet de Donald Trump - que Mike Pence s'en est pris à l'ancien candidat à la primaire démocrate et à sa vie privée. Il a fait référence à l'adoption en 2021 de deux bébés par Pete Buttigieg et son mari.

"Quand Pete a eu ses deux enfants, il a pris deux mois de congé maternité, tandis qu'au même moment des milliers de voyageurs restaient bloqués dans les aéroports, le trafic aérien était fermé, et les avions se rentaient presque dedans en plein vol", a-t-il introduit, lançant encore: "Je veux dire, Pete Buttigieg est la seule personne dans toute l'histoire de l'humanité à avoir un enfant et à causer une dépression postpartum au reste d'entre nous".

Auparavant, Mike Pence avait présenté sa cible comme un "vieil ami", clin d'oeil à l'ancien mandat de maire de Pete Buttigieg à South Bend, dans l'Indiana, un Etat dont il était alors gouverneur.

Le mari de Pete Buttigieg réagit

Ces saillies n'ont naturellement pas plu à la famille du secrétaire aux Transports. Si ce dernier a gardé le silence jusqu'à présent, son époux, Chasten Buttigieg, a brisé le sien sur Twitter:

"J'ai une question sincère pour vous Mike Pence, après la blague que vous avez tentée ce week-end. Si l'un de vos petits-enfants était né prématurément et placé sous un ventilateur à deux mois - ses petits doigts serrés autour des vôtres avec le bip des écrans de contrôle en toile de fond - vous auriez fait quoi?"

Passe d'armes entre le camp Pence et la Maison Blanche

Mais c'est surtout la réaction de la Maison Blanche qui a retenu l'attention. Le communiqué de Karine Jean-Pierre, sa porte-parole, était sans ambages: "La blague homophobe de l'ancien vice-président envers le sécrétaire Buttigieg était insultante et déplacée, d'autant plus qu'il s'est servi de la dépression postpartum des femmes comme d'un bon mot. Il devrait présenter ses excuses à destination des femmes et de la communauté LGBTQ, qui ont le droit au respect et à la dignité".

La réponse du camp Pence a fusé. Son chef de cabinet, Marc Short, a ainsi rétorqué par un autre communiqué. Il a enjoint la Maison Blanche d'"épargner à l'Amérique ce faux outrage (en français dans le texte, NDLR)", assurant qu'il serait "sage de moins se concentrer sur le fait de rassurer la police woke et davantage sur les faillites dans la banque, les avions menaçant d'entre en collision, les déraillements de train, et la crise permanente de la chaîne logistique".

L'échange entre la présidence et Mike Pence doit aussi se lire à un niveau plus directement politique. On prête en effet à celui-ci l'ambition de concourir à la primaire républicaine en vue de la prochaine présidentielle.

Article original publié sur BFMTV.com