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"On me menace de mort, de viol, de décapitation. Je vis dans la peur" : en larmes, Magali Berdah dénonce le harcèlement dont elle est victime

PARIS, FRANCE - 11/08/2021: French reality TV personality, presenter and columnist Magali Berdah poses during a portrait cession in Paris, France on 11/08/2021. (Photo by Eric Fougere/Corbis via Getty Images)
"Je vis tout ça comme une condamnation à mort" : en larmes, Magali Berdah dénonce les agissements de Booba (Photo by Eric Fougere/Corbis via Getty Images)

Dimanche 11 septembre 2022, "Complément d'enquête", a fait grand bruit. En braquant les projecteurs sur le "vrai business des infuenceurs", le magazine de France 2 s'est attaqué à un dossier brûlant, abordant tour à tour divers sujets comme les dérives des placements de produit. Et si Magali Berdah, agent d'influenceurs à la tête de la société Shauna Events, a accepté de répondre aux questions des journalistes, elle s'est très vite retrouvée à court d'explications. Deux jours après la diffusion, la femme d'affaires tient à dénoncer le harcèlement qu'elle subit sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois maintenant, et dont le principal acteur ne serait autre que le rappeur Booba.

Pour tout comprendre à cette affaire, il faut remonter le temps. Nous sommes au milieu du mois de mai lorsque Booba se met à dénoncer sur les réseaux sociaux le business des influenceurs. Un business dont les rouages sont opaques et qui est à l'origine de nombreuses plaintes de consommateurs. Beaucoup crient à l'arnaque après avoir commandé, sous les conseils d'influenceurs issus de la télé-réalité pour la plupart, des produits qu'ils n'ont soit jamais reçus, soit réceptionnés en très mauvais état. Sur Twitter, Booba fait du Booba. Et un peu comme à la manière d'un clash entre rappeurs, le duc de Boulogne comme on le surnomme, s'en prend directement à la plus connue des agents d'influenceurs : Magali Berdah. Dans le même temps, Twitter s'organise et le hashtag "influvoleurs" s'invite dans toutes les discussions, tandis qu'une plainte pour escroquerie est déposée par Booba et ses équipes. Ce que l'on ignore encore, c'est qu'en coulisses, "Complément d'enquête" prépare un documentaire sur ce business. D'abord programmé le jeudi 8 septembre 2022, le magazine de France 2 a finalement été diffusé dimanche 11 septembre 2022 après la mort de la reine Elizabeth II.

Vidéo. Magali Berdah : cette part conséquente qu'elle touche sur les contrats de ses influenceurs

Un "Complément d'enquête" qui fait le buzz

Mise à mal par les questions des journalistes, Magali Berdah perd la face devant la caméra. "Je me sens piégée" lâche-t-elle avant de couper court à l'entretien. Sur Twitter, les internautes s'enflamment. Et quelques minutes plus tard, alors que l'agent accepte de répondre à nouveau aux questions du journaliste Tristan Waleckx sur le plateau de "Complément d'enquête", les choses prennent une autre tournure. Interrogée sur le dropshipping et une montre connectée dont elle a fait la publicité (et qu'elle ne porte pas), Magali Berdah se justifie en expliquant qu'elle souffre d'une "tendinite au bras". C'en est trop pour les oiseaux de Twitter qui, excédés, préfèrent tourner la scène en dérision.

"Ça fait 4 mois que je suis harcelée, que je suis fatiguée. Donc je ne m’exprime pas super bien" a expliqué Magali Berdah ce mardi 13 septembre 2022 au micro d'Europe 1. Si elle sourit à l'évocation des parodies de nombreux comptes Twitter de grosses boîtes, comme Doctolib ou Buffalo Grill, qui ont ironisé sur sa tendinite, elle s'insurge lorsque le Crédit Agricole s'y met aussi. "C’est une honte... Faire la promotion de Booba, il y a des limites. Ça je le prends très mal. Ce que je subis depuis 4 mois, les groupes comme le Crédit Agricole devraient lutter contre ça, le harcèlement, le sexisme."

Quant à ses interventions dans "Complément d'enquête", Magali Berdah assure toute sa bonne volonté : "Moi j’y suis allée en mode nature peinture, je n’ai pas besoin de me préparer. Le contexte dans lequel je vis est difficile à gérer. J’ai décidé de leur ouvrir les portes par transparence. Je n’ai rien à cacher (...) J’ai passé plusieurs heures avec ma juriste qui valide les sites (…) je voulais donner des éléments de réponse." Selon elle, les équipes du magazine d'investigation sont arrivées à son bureau juste après le départ de sa juriste, "comme par hasard". "Je me suis sentie piégée parce que j’avais l’impression qu’ils voulaient que je dise des conneries" martèle-t-elle au micro d'Europe 1. Toujours est il que, pour Magali Berdah, le problème n'est pas là...

Vidéo. "Pardon si je n'ai pas été clair" : Magali Berdah s'explique sur sa fameuse "tendinite au bras"

"C'est hallucinant et inacceptable"

Si Booba a porté plainte pour escroquerie, Magali Berdah l'attaque pour harcèlement. "Ce qu’il se passe est hallucinant, inacceptable" souffle-t-elle, avant de revenir sur le début de cette affaire : "Booba a commencé à m’attaquer mi-mai pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec des placements de produit. C’est ça qui me dérange dans le traitement médiatique. Tout le monde me parle de placement de produit, mais Booba était sur autre chose. Il a parlé de mon physique, ma religion, mon père, mon frère, mes enfants, il m’a attribué une sextape. Quand j’ai déposé plainte, quelques semaines après, il a crée son adresse mail influvoleurs, parce qu’à mon sens, ça lui a donné une justification."

Alors qu'une enquête a été ouverte par le pôle de lutte contre la haine en ligne, Magali Berdah assure recevoir encore des milliers de messages chaque jour, "d’appels au meurtre, au viol, à la lapidation, décapitation." L'adresse de son logement aurait même été divulguée sur Instagram, l'obligeant à déménager "en 24 heures". Aujourd'hui, l'agent d'influenceurs vit sous surveillance policière : "On vit dans la peur. Je ne comprends pas au 21e siècle que cela puisse se passer." Pendant ce temps, le volet judiciaire continue de plus belle. Après avoir obtenu la fermeture d'un des comptes instagram de Booba, Magali Berdah est désormais sous le coup d'une plainte du rappeur pour dénonciation calomnieuse. Au micro d'Europe 1, elle n'a pu retenir ses larmes : "Je me contrefous qu’il m’attaque pour diffamation. Il suffit de regarder ses tweets. Je l’ai supplié sur les réseaux sociaux d’arrêter. Je veux juste qu’il arrête en fait. On ne peut pas demander la mort de quelqu’un juste parce que son métier ne vous plait pas."

Quant à l'enquête ouverte pour pratique commerciale trompeuse contre Shauna Events, Magali Berdah dit se tenir prête : "Au stade où j’en suis, avec ce procès médiatique et cette condamnation à mort, parce que je le vis vraiment comme ça, je supplie la justice pour qu’on m’entende et que ce soit réglé. Booba n’est pas la justice ou la répression des fraudes" a-t-elle lâché en sanglots. Et de conclure : "Si j’ai fait quelque chose de mal, punissez-moi... C’est un massacre." Demain, le mercredi 13 septembre 2022, Magali Berdah tiendra une conférence de presse.

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